« Au niveau de la sélection, les céréales ont un temps d’avance sur le reste, notamment les protéagineux qui ont une diversité catastrophique, concentrée sur quelques variétés seulement.

Aujourd’hui, l’offre variétale en blé est assez élaborée, mais elle devrait s’étendre au-delà des critères classiques de résistance aux maladies, protéines, rendement ou hauteur de paille, que je trouve trop restrictives. Il serait intéressant d’aller plus loin sur les caractéristiques boulangères, qui donnent la possibilité de se distinguer : la composition et la forme des amidons, les temps de chute de Hagberg… Les meuniers sont encore dans des systèmes de standardisation assez poussés et mettent de côté d’autres indices techniques, certainement intéressants mais qui n’ont pas encore été explorés.

Par ailleurs, si le choix en variétés de blé s’est élargi, il n’y a pas toujours de disponibilités très importantes sur chacune d’elles. Les semenciers se sont emparés du sujet et ont largement accentué leur travail de sélection pour répondre aux besoins, mais ce n’est pas suffisant. J’encourage mes collègues à se lancer dans la multiplication de semences bio. Cela demande de la rigueur sur l’assolement, d’être équipé pour stocker et trier, mais n’entraîne pas de difficultés absolues. Depuis quinze ans, du blé, de l’avoine, de l’orge ou de l’épeautre et quelques légumineuses fourragères sont multipliés sur l’exploitation familiale. On a l’habitude d’appliquer un cahier des charges strict en bio, rajouter quelques contraintes supplémentaires n’a pas vraiment posé de problèmes. »