« Quasi toutes les semaines, des jeunes viennent me voir pour me demander s’il n’y a pas un terrain libre dans la commune. Chaque fois, je leur réponds qu’il n’y a rien. Bien qu’étant éleveur, je m’élève contre les restrictions qui sont faites aux maires en matière de construction. Quand le Plan local d’urbanisme (PLU) a été signé, on nous a dit : “Vous avez le droit à quatre maisons par an, vous mitez les jardins, mais surtout vous ne touchez pas aux terres agricoles.” Il ne s’agit pas de tomber dans l’excès, mais bien de s’adapter au cas par cas.

J’ai signé, récemment, un permis de construire pour un jeune, de surcroît agriculteur. Sa tante lui avait donné un terrain mais, à quelques mètres près, il n’était pas dans le “bon” zonage de PLU. Pour obtenir ce permis, cela n’a pas été simple. Mais sans cela, il aurait été obligé d’acheter, loin de son exploitation, un terrain­ coincé entre plusieurs maisons. Tout le monde n’est pas tenu d’habiter l’un sur l’autre. D’autant plus que, dans le même temps, les centres commerciaux continuent à pousser.

Nos villages vieillissent. Ceux qui ont construit dans les années 1970 arrivent à la retraite, tandis que les jeunes partent faire leurs études en ville et la plupart n’en reviennent pas. Même une ville comme Évreux a du mal à recruter ses chirurgiens. Il est essentiel aujourd’hui de pouvoir considérer chaque situation pour faire en sorte que les jeunes restent.

Les histoires de voisinage sont souvent pénibles et difficiles à gérer quand on est maire, mais le plus dur reste les questions liées au foncier. Obtenir un permis de construire, encore une fois, c’est compliqué, parce qu’il faut demander l’avis de tout le monde. Il devient essentiel de laisser un peu plus de liberté aux maires sur ce point. Nous connaissons nos communes et sommes plus à même de juger chaque situation. »

© David Allais / AmaCom Communication