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Volailles L’origine France sur la défensive

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Face à son manque de compétitivité, la filière standard française reste dépendante des importations.

La volaille n’échappe plus au recul de la consommation globale de viandes. Les achats des ménages enregistraient un repli de 1,3 % en volume sur les neuf premiers mois de 2017 par rapport à 2016, toutes viandes de volailles confondues, contrebalancés par un prix en hausse de 0,4 % (1). Le poulet est touché, rejoignant la dinde et la pintade, inscrites dans une baisse durable.

Pourtant, la consommation apparente de poulet est dynamique à + 4 % (soit 690 000 téc) sur les sept premiers mois, bien que sa progression ralentisse. Pascale Magdelaine, économiste à l’Itavi, suppose que « cela est dû à la progression de la restauration hors domicile (RHD), alimentée en grande partie par l’import ». Aujourd’hui, 43 % des volumes de poulets mangés en France sont importés, dont 90 % en RHD. Sur les sept premiers mois de 2017, la France a importé 352 000 tonnes équivalent carcasse (téc) de viandes et préparations de volailles (dont 314 000 téc de poulet), soit 2,8 % de plus qu’en 2016. Dans le même temps, les exportations s’élevaient à 304 000 téc (+ 0,8 %), dont 228 000 téc de poulet.

La distribution propose dans ses linéaires une très large gamme de produits où l’origine France a la part belle, en particulier sur les volailles entières, les labels et signes officiels de qualité (Siqo). Mais la situation est moins favorable en RHD qui, pour des raisons de coûts, fait appel à des fournisseurs étrangers, principalement européens, pour des produits de volailles essentiellement standard. « Or, c’est une tendance lourde depuis le début des années 2000, difficile à inverser », souligne Pascale Magdelaine.

Déficit de compétitivité

En cause, le déficit de compétitivité de la filière française, en particulier sur les produits d’entrée de gamme. « Ce retard par rapport à nos compétiteurs européens est lié au modèle industriel. La France a une « largeur de gamme » très importante, y compris au niveau des abattoirs. À l’inverse, les pays du nord de l’Europe sont sur des modèles très standardisés. » Outre le marché national, ce déficit a aussi coûté à la France ses débouchés export.

Afin de combler cet écart, la filière française s’est lancée, depuis quelques années, dans la rénovation des parcs de bâtiments et des abattoirs, en surcapacité. Mais le redressement est lent : si la situation ne se détériore plus, la filière française n’a pas encore reconquis de parts de marché sur le débouché intérieur.

Elsa Casalegno

(1) source Itavi d’après Kantal Worldpanel.

Les importations accentuent la pression

La concurrence des importations pèse sur la production française, qui est en recul sur les sept premiers mois de 2017 par rapport à 2016, toutes espèces confondues, note l’Itavi (1).

Si la production de poulet poursuit, sa progression en volume sur les sept premiers mois de l’année (+ 1,4 % à 610 000 téc), le nombre de têtes baisse légèrement (-  0,6 %). La dinde, victime d’une image moins bonne que celle du poulet et d’une compétitivité moindre, poursuit son long déclin, avec un recul des abattages de 5,7 % en volume (192 000 téc) et de 9,1 % en têtes. Le recul des abattages est particulièrement marqué en canards gras, en raison de la grippe aviaire (-  17,8 % à 40 800 téc), tandis que la production est stable en canards à rôtir (53 000 téc). Quant à la pintade, le volume est désormais marginal, à 15 000 téc (-  7,6 %).

Un léger mieux s’annonce néanmoins pour la fin de l’année, avec des mises en place de poussins, qui ont progressé de 2,5 % en poulets de chair, de 1,9 % pour les dindonneaux et de 5 % pour les canetons.

(1) Selon des sources SSP, Douanes et Kantar.

En RHD, 67 % des poulets consommés sont importés. Ce chiffre grimpe à 90 % pour le poulet standard. L’industrie agroalimentaire importe trois quarts de ses besoins. Dans le commerce de détail, 9 % des poulets (15 % en standard) viennent d’autres pays. Sur la consommation totale, c’est donc le tiers des volumes (presque la moitié en standard) qui ne sont pas d’origine France. © THIRIET Claudius
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Cet article est paru dans La France Agricole

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