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Volailles de chair Des filières tout en contrastes

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Alors que les abattages français sont tirés par les poulets

«En cumul annuel sur neuf mois, les abat­tages de volailles sont stables en poids sur un an, du fait du poids soutenu des carcasses de poulets et de dindes », rapporte l’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note publiée le 6 novembre. En tête, ils reculent néanmoins de 1,1 % sur la même période, pénalisés par « la baisse marquée depuis avril de l’activité des filières canards à rôtir, canards à gaver et pintades ».

Car le premier confinement pour lutter contre l’épidémie a eu des effets contrastés selon les filières. D’après l’Institut technique de l’aviculture (Itavi), les achats de viandes de volailles fraîches et élaborées par les ménages français pour leur consommation à domicile ont progressé de 9,7 % de janvier à septembre par rapport à 2019. « Les achats de viande de poulet suivent une hausse de 12,4 %, avec une progression des achats de découpes », détaille l’Itavi. La tendance est aussi favorable pour la viande de canard (+ 3,9 %) et de dinde (+ 3,2 %), cette fois « grâce à une dynamique positive après le déconfinement ».

Carnets de commandes vidés pendant le confinement

En revanche, les achats de viande de pintade chutent de 6,5 % sur la même période. Un coup dur pour la filière, qui a par ailleurs subi de plein fouet la fermeture de la restauration hors domicile au printemps. « Les carnets de commandes des professionnels se sont vidés durant le confinement, confirme le Comité interprofessionnel de la pintade. […] Les ventes, essentiellement sous forme de découpes pour la restauration hors domicile, qui représentent 52 % du marché des pintades en France, ont reculé de 20 %. »

Concurrence des viandes importées

Pour autant, lors du déconfinement, « le redémarrage de la consommation hors domicile n’a pas permis aux filières françaises de se repositionner sur l’offre », note FranceAgriMer. C’est en particulier le cas pour le poulet de chair. Et pour cause : les prix ont chuté sur le marché européen.

Les importations françaises, en recul depuis le début du confinement printanier, ont repris à partir de juin (voir l’infographie), notamment en provenance de Pologne. « Le pays a continué à produire malgré une baisse de ses débouchés et un niveau de stock très élevé à la fin du premier semestre », indique François Cadudal, directeur du service économie à l’Itavi. D’après l’interprofession de la volaille de chair (Anvol), de janvier à juillet, la France a importé 33 % des volailles consommées sur son territoire. Ces achats concernent essentiellement la viande de poulet.

Vincent Guyot

Recul des exportations

Sur les huit premiers mois de 2020, les exportations françaises de viandes et préparations de volailles ont chuté de 15,3 % en volume et de 19,3 % en valeur par rapport à 2019. D’après l’Itavi, le recul du commerce est particulièrement marqué vers l’UE (- 21,3 % en volume). FranceAgriMer note toutefois « de bonnes performances au grand export, tirées par les débouchés au Proche et Moyen-Orient ».

« Il s’agit de viandes destinées aux grandes surfaces pour la consommation à domicile », précise François Cadudal, de l’Itavi. Selon l’Agreste, les envois vers les Philippines et la Chine se sont aussi accrus depuis le printemps, « dans un contexte de pénurie porcine en Asie ». L’arrivée de l’influenza aviaire hautement pathogène en France (lire p. 23) pourrait toutefois jeter un froid sur les échanges dans les prochains mois.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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