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L’appétit chinois s’affirme

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Pour compenser le déficit en viande de porc, les consommateurs chinois se tournent vers la volaille.

La peste porcine africaine, qui sévit en Chine depuis le mois d’août 2018, « a conduit à un repli de la production porcine de 21 % en 2019 et aboutira, en 2020, à une division par deux de la production totale de porc », estime l’Ifip (1). Pour substituer rapidement les déficits en protéines animales, « le report s’est naturellement orienté vers la production de volailles, en raison de son court cycle de production », a déclaré Jonathan Hercule, de l’Itavi (2), lors d’une conférence en ligne le 23 juillet.

En 2019, la production chinoise de volailles a connu une croisance de 13 % en un an. Les prix ont, quant à eux, progressé de 56 % pour le poussin et de 14 % pour le poulet vif, par rapport à 2018. Dans ce contexte, « de nombreuses entreprises ont vu l’occasion de relancer la production industrielle de volailles, mise à mal par une succession d’épidémies d’influenza aviaire entre 2013 et 2017 », a ajouté l’expert.

Mais l’arrivée du coronavirus a bousculé les perspectives. « Selon l’USDA (3), la production chinoise de viande de poulet serait en baisse de 21 % au premier trimestre de 2020, rapporte l’économiste de l’Itavi. Une reprise de 5 % est annoncée en 2021, sous réserve d’une certaine stabilité du système sanitaire. »

Marché prometteur

Si l’approvisionnement en viande de volaille provient en grande partie de la production intérieure, des opportunités sont à saisir vers la Chine à l’export. Depuis le dernier trimestre 2018, les importations de l’empire du Milieu affichent une croissance ininterrompue. En 2019, elles ont progressé de 18 % sur un an. Malgré les perturbations de la chaîne logistique liées au Covid-19, les envois restent en hausse de 26 % au premier semestre 2020. La France pourrait tirer avantage de la hausse prévue pour les abats et les découpes avec os. « La valorisation de la carcasse entière constitue un déterminant de la compétitivité de la filière », appuie Jonathan Hercule.

L. Pouchard

(1) Institut du porc. (2) Institut technique de l’aviculture. (3) Département américain de l’Agriculture.

Un déficit en génétique aviaire

La Chine, qui importe plus de 90 % de sa génétique aviaire en poulet blanc, fait face à un déficit d’approvisionnement depuis 2015, consécutif au blocage des exportations états-uniennes et françaises. Bien que le gouvernement chinois ait annoncé la levée des restrictions à la fin de 2019, « les accouveurs français sont toujours en attente de la signature officielle du protocole génétique aviaire négocié avec les autorités locales », indique l’Itavi.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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