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Viandes rouges : l’Australie conquérante

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Acteur de premier plan sur le marché mondial, l’Australie n’a de cesse de développer son portefeuille clients.

L’Australie est le premier exportateur mondial de viande ovine, devant la Nouvelle-Zélande, et le troisième exportateur de viande bovine, devancée par l’Inde et le Brésil. Entre 2001 et 2017, la valeur unitaire de ses envois a été multipliée par deux en viande ovine, à 4,60 €/kg équivalent carcasse (kg ec) et a gagné 62 % en viande bovine, à 3,6 kg ec (1). Une réussite qui repose sur la limitation des exportations en carcasses au profit des envois en catégoriel (respectivement 87 et 99 % des volumes ovins et bovins en 2017), et sur le développement des expéditions en « chilled » (2) (26 % des envois). Si les volumes exportés ont également progressé (+ 45 % pour la viande ovine et + 4 % pour la viande bovine), ils varient au gré des cycles de décapitalisation et de recapitalisation des cheptels, dictés par les sécheresses. En 2017, l’Australie recapitalisait, après un épisode de sécheresse (2013-2015) ayant provoqué un repli de 4 à 5 % des cheptels. Les exportations pourraient progresser à moyen terme, si les conditions climatiques le permettent.

Les débouchés des viandes rouges australiennes sont très diversifiés et principalement centrés sur l’Asie et l’Amérique du Nord. « La Chine a fortement accru ses importations depuis 2013, rapporte l’Institut de l’élevage (Idele). L’Australie a pu accroître fortement ses envois, confortant sa place de deuxième fournisseur en viande ovine et de troisième fournisseur en viande bovine. » En 2016, l’Australie est le premier pays à obtenir l’autorisation d’envoyer des viandes « chilled » en Chine. « La viande australienne y jouit d’une excellente réputation. Sur le segment haut de gamme, les Australiens sont mêmes parvenus à imposer leurs normes de découpe, de classification des produits, leurs recettes… »

Libre échange

Afin de « sécuriser ses débouchés, tout en supprimant les barrières tarifaires et non tarifaires », et dans un contexte de concurrence accrue du Brésil, des États-Unis et de l’Inde sur le marché mondial, l’Australie privilégie les accords de libre-échange. Deuxième exportateur mondial de bovins vifs, derrière la France, et troisième fournisseur d’ovins vivants, elle est confrontée à la remise en cause de ses flux par les défenseurs des animaux et la réorientation ou la diversification des approvisionnements de ses principaux clients. La régression des envois en vifs gonflerait les disponibilités en viande, rendant d’autant plus nécessaire la diversification du portefeuille clients.

Valérie Scarlakens

(1) Dossier « Australie » publié par l’Institut de l’élevage en novembre 2017.

(2) Conservation des viandes de 12 à 16 semaines, sans congélation.

L’union européenne, un marché très secondaire mais alléchant

Les envois australiens vers l’UE sont limités « en raison de contingents d’importation réduits et de droits de douane prohibitifs au-delà ». En 2017, ces échanges s’élèvent à 18 000 tec de viande ovine et 22 400 tec de viande bovine. Les envois vers la France sont très limités (respectivement 1 700 et 150 tec). Le Royaume-Uni absorbe 69 % de la viande ovine australienne destinée à l’UE. « Les décisions prises lors du Brexit, et notamment le découpage ou non des contingents, pourraient avoir des conséquences importantes sur le niveau des flux vers l’UE à l’avenir », avertit l’Idele. L’UE étant un marché très rémunérateur, et la viande australienne compétitive, les contingents d’exportations accordés à l’Australie sont généralement remplis. Un accord de libre-échange entre l’UE et l’Australie, dont les négociations ont été lancées en juin 2018, « pourrait donc conduire à l’augmentation des volumes de viande arrivant en Europe ».

Si l’engraissement en feedlot se développe pour faire face aux aléas climatiques et répondre à une demande en viande persillée, les deux tiers des bovins et la quasi-totalité des ovins sont finis à l’herbe. © AFP
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Cet article est paru dans La France Agricole

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