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Viandes bio La production a doublé en cinq ans

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En 2020, la production de viandes bio a poursuivi son essor. Mais des ajustements restent à faire pour préserver l’équilibre entre l’offre et la demande.

En France, les viandes biologiques continuent de gagner du terrain. Entre 2015 et 2020, la production est passée de 29 746 à 59 115 t équivalent carcasse (voir l’infographie). « L’objectif de doubler les volumes en cinq ans est désormais atteint », se réjouit Philippe Sellier, président de la Commission bio d’Interbev (1). En 2020, les abattages de bovins allaitants et laitiers, veaux, ovins et porcins ont progressé de 10 % sur un an. « Une véritable réussite, après une année marquée par la crise sanitaire qui a bouleversé les habitudes des consommateurs et contraint les distributeurs à adapter leur offre », salue l’Interbev.

Sur cette période, la consommation a, elle aussi, poursuivi son développement dans les circuits de distribution. Toutefois, elle suit un rythme moins soutenu que les années précédentes. En 2020, les ventes en boucheries artisanales ont enregistré une croissance de 18 % par rapport à 2019. Les volumes de viandes bio distribués dans les magasins spécialisés et en vente directe ont chacun affiché une hausse de 11 %. Les grandes surfaces ont également gagné 11 %. Les hypermarchés sont en légère perte de vitesse au profit des supermarchés et des magasins de proximité.

Recul des ventes en RHD

En revanche, les tours de vis sanitaires successifs ont provoqué un recul des ventes de 9 % en restauration hors domicile (RHD). « La fermeture de nombreux restaurants commerciaux, scolaires ou d’entreprise a été un coup dur, notamment pour la viande de veau », relève Philippe Sellier. « Face aux incertitudes, les professionnels ont, en effet, dû réorienter certains animaux vers la production de broutards, de génisses ou de bœufs, conduisant à une croissance moindre (+ 1 % sur un an) », explique Interbev.

Déséquilibre matière

Les besoins limités en RHD ont également été à l’origine d’un fort déséquilibre matière en gros bovins. Un phénomène renforcé par la demande accrue des consommateurs en steak haché. La même tendance a été observée en porc, où « les Français ont jeté leur dévolu sur certains produits comme les lardons, notamment au premier semestre 2020 », complète l’interprofession.

Si la filière des viandes bio multiplie les actions de communication pour positionner sa production à travers les différents débouchés possibles, elle compte aussi sur le soutien des élus locaux pour répondre aux objectifs fixés par la loi Egalim d’atteindre 20 % des approvisionnements bio en restauration collective publique d’ici 2022.

Lucie Pouchard

(1) Interprofession du bétail et des viandes.

Les ventes de haché bio au rayon libre-service en grandes surfaces ont progressé de 11,2 % © L. Poulchard
Un marché à deux vitesses

« La mécanique de conversion en agriculture biologique est difficile à faire coïncider avec les besoins du marché », explique Jean-François Deglorie, animateur technique à la Commission Bio d’Interbev. C’est le cas notamment en porc, où l’offre se retrouve aujourd’hui supérieure à la demande (1). « Les organisations de producteurs font en sorte de stabiliser le prix à la production et d’éviter les écueils du marché en fonction de la périodicité mais ce n’est pas chose facile », reconnaît Philippe Sellier. Pour parvenir à pérenniser la production, les différents maillons de la filière doivent accepter de raisonner à long terme, « car entre la décision de l’éleveur d’entamer une conversion en agriculture biologique et les premières sorties d’animaux, il peut s’écouler cinq ans », reprend Jean-François Deglorie.

(1) Lire La France agricole n° 3873 du 16.10.2020, p.6.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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