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Viande bovineLe Mercosur toujoursplus compétitif à l’export

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Alors que l’accord potentiel de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur fait toujours débat, les viandes sud-américaines gagnent du terrain en Europe.

L’accord politique du 28 juin dernier, négocié par la Commission européenne avec les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), fait partie des dossiers brûlants qui auront marqué l’année 2019. Si certains jugent les modalités de ce traité de libre-échange équilibrées et bénéfiques pour l’UE (1), quelques secteurs pourraient être durement impactés, comme celui de la viande bovine. La signature formelle du texte, qui prévoit un volume supplémentaire de 99 000 téc (tonnes équivalent carcasse) de bœuf sur six ans, n’est pas attendue avant fin 2020. Pour autant, les inquiétudes se font déjà ressentir dans la profession agricole. La France, pays leader en production de viande bovine en Europe, serait l’un des premiers à pâtir de cette concurrence déloyale.

Le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay se positionnent dans le « top 10 » mondial à l’export. En 2018, ces quatre pays ont produit 13,3 millions de téc (Mtéc), soit un quart de la production mondiale, et ont exporté 3,2 Mtéc, soit un tiers des échanges mondiaux de viande bovine.

La productivité à l’hectarea doublé en trente ans au Brésil

Au Brésil, en particulier, la progression du cheptel n’a jamais fait autant pression sur le territoire, au détriment de la forêt amazonienne. « La productivité animale à l’hectare a été multipliée par deux en trente ans, relève Baptiste Buczinski, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele). La consommation domestique capte la majeure partie des approvisionnements (76 % en 2018), mais la hausse de la production et la dépréciation de la monnaie locale dynamisent fortement l’attractivité de ces viandes sur le marché international. Les perspectives de croissance à l’export avoisinent 41 % d’ici 2028. »

Le premier pays importateur est la Chine, les volumes en viande bovine brésilienne ayant été multipliés par sept entre 2011 et 2018. Le Moyen-Orient constitue aussi un débouché prioritaire et pérenne. Mais l’UE n’en reste pas moins une cible à privilégier par les grands groupes (JBS, Marfrig, Minerva) pour l’écoulement des morceaux nobles.

L’Europe est la zone la plus rémunératrice au monde pour la viande bovine désossée (voir l’infographie), et les pays du Mercosur entendent s’en saisir pour réaffirmer leur position. Les volumes supplémentaires d’aloyaux susceptibles d’être importés sont conséquents, ne trouvant pas preneur sur les autres marchés hors UE. En France, le segment de la restauration hors domicile serait le plus concerné, 52 % de la viande bovine sous forme piécée étant déjà issus d’importations.

Lucie Pouchard

(1) Lire La France agricole n° 3827 du 29 novembre 2019, p. 24.

En 2018, l’UE a absorbé 7 % des exportations brésiliennes en volume et 11 % en valeur. © Christian Watier
Des différentielsde compétitivité avérés

En moyenne en 2018, les prix à la production des mâles finis brésiliens (2,12 €/kgéc) et argentins (2,17 €/kgéc) étaient respectivement inférieurs de 43 et 42 % au regard du prix du jeune bovin R3 européen (3,75 €/kgéc). En Uruguay et au Paraguay, ils étaient inférieurs de 21 et 27 %. « Les différentiels de prix sont du même ordre en 2019 », complète Baptiste Buczinski, de l’Idele. Les effets de conversion de monnaie renforcent d’autant plus la compétitivité de ces viandes à l’export. Au-delà du facteur prix, se pose la question du respect des standards européens. Tant sur le plan environnemental que sanitaire, l’inspection vétérinaire ne semble pas prête à garantir aux frontières de l’UE une viande issue de pratiques d’élevage semblables aux nôtres.

Lire La France agricole n° 3830-3831 du 20 décembre 2019, p. 34.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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