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Viande bovine : les promesses chinoises

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Les morceaux persillés et rouge vif sont adaptés aux plats de tradition chinoise, alors que la tendreté est le critère numéro un pour les plats occidentaux, appréciés par une part croissante de la population. ©

L’embargo pour cause d’ESB, imposé à la France depuis 2001 par la Chine, vient d’être partiellement levé.

En mars 2017, un premier pas a été franchi vers l’importation de viande bovine française issue d’animaux de moins de trente mois. La décision de Pékin ouvre la porte aux étapes préalables à l’envoi effectif de marchandise (audits, signature de protocoles). Outre les questions sanitaires, les exportateurs français doivent raisonner leurs projets en fonction de la demande et de la forte concurrence déjà à l’œuvre. La consommation chinoise de viande bovine augmente, mais reste encore marginale, avec une moyenne de 5 kgec (kg équivalent carcasse) par habitant et par an. L’importance de sa population place cependant la Chine au deuxième rang des pays consommateurs, derrière les États-Unis. Ces dernières années, des facteurs économiques et techniques ont limité le développement de l’offre nationale, provoquant une flambée des cours et l’afflux de viandes étrangères.

L’attrait de la viande importée s’explique par son prix modéré (pour la marchandise congelée), mais aussi par le manque de confiance des consommateurs dans le système de sécurité sanitaire public de leur pays.

La France méconnue

« La viande bovine française n’est pas connue en Chine, explique Jean-Marc Chaumet, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage (1). Si nous voulons conquérir des marchés, il faudra réaliser un gros travail de communication et d’éducation du consommateur. La compétition s’exacerbe avec l’augmentation du nombre de pays autorisés à exporter. Nous viserons les segments intermédiaires et haut de gamme, en cherchant a nous démarquer de l’Australie, mais aussi de l’Irlande et des États-Unis, dont les viandes devraient se retrouver dans quelque temps sur le marché chinois. La nouveauté de la viande hexagonale, ainsi que notre image gastronomique, seront nos principaux atouts. »

Les premiers tests auprès des consommateurs et des professionnels se feront certainement à partir de viande de taurillons, les mâles bénéficiant d’une meilleure image. Le bœuf pourrait aussi trouver sa place, car de plus en plus de consommateurs recherchent de la viande issue d’animaux finis à l’herbe, pour des raisons environnementales. Une opportunité est peut-être à saisir pour le veau. La viande actuellement importée d’Australie provient d’animaux âgés de quelques jours et ne donne pas satisfaction aux acheteurs. Sur ce créneau, nous serons en concurrence avec les Pays-Bas. Le marché des abats paraît lucratif, mais les autorisations sanitaires sont très difficiles à obtenir.

Valérie Scarlakens

(1) Corédacteur du dossier « La viande bovine en Chine, un marché prometteur… mais très concurrentiel », paru en mars 2017.

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Une segmentation du marché selon les catégories et les origines

La grande majorité de la consommation chinoise porte sur de la viande de basse qualité, locale ou importée d’Inde et du Brésil. La marchandise indigène est vendue fraîche, sur des marchés de plein air et se retrouve aussi en restauration.

La viande de qualité intermédiaire provient du cheptel chinois ou est fournie par l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et l’Uruguay. Sur ce créneau, la viande importée est très compétitive. Elle est surtout issue de jeunes bovins de races étrangères, finis à l’herbe et elle arrive dans les ports désossée et congelée. La grande distribution, l’e-commerce et la restauration en écoulent l’essentiel.

Les restaurants et distributeurs très haut de gamme se fournissent en viande océanienne fraîche, issue de jeunes bovins engraissés aux céréales. Les prix sont très élevés (95 € les 550 g de faux-filet angus relevé dans un restaurant de Shanghai). La consommation d’une telle viande est avant tout un marqueur social.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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