Après six mois particulièrement difficiles [de mars à septembre 2019] dans le secteur des veaux gras, la baisse des entrées en ateliers, opérée par les intégrateurs, a permis un désengorgement du marché et une remontée rapide des cours en fin d’année dernière.

En ce début 2020, la tendance est à la stabilité. « En février, le cours du veau rosé clair O s’est établi à 5,87 €/kg, soit 5 centimes au-dessus de son niveau de 2019 (+ 1 %), mais 10 centimes en dessous de celui de 2018 (- 2 %) », informe l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa note de conjoncture.

Cette stabilité s’explique en partie par un net repli de la production abattue, à hauteur de 2,5 % en effectifs et de 3 % en tonnages en décembre 2019 au regard de la même période en 2018. « En France, les mises en place plutôt prudentes […] contiennent l’offre qui ne devrait pas s’étoffer­ dans les prochains mois », prévoit l’Idele.

Plus largement en Europe, le marché s’est assaini et les cotations traduisent une certaine constance. « Le premier semestre 2020, qui s’annonce plutôt calme, éviterait le déséquilibre connu l’an passé. Encore faut-il que la consommation soit au rendez-vous dans les mois à venir », note Germain Milet, économiste à l’Idele.

Toujours plus d’envoisde petits veaux vers l’Espagne

Malgré cette embellie des cours, les intégrateurs de veaux de boucherie s’inquiètent de la hausse des coûts alimentaires. L’Ipampa, aliment d’allaitement pour veaux qui avait déjà progressé de 11 points entre les mois de janvier et novembre 2019, atteint 110 points en février 2020, soit 13,5 points de plus qu’en février 2019.

« Depuis l’automne 2019, les cours des veaux nourrissons sont au plancher et aucun facteur d’amélioration ne se profile à court terme », indique Germain Milet. Le recul des naissances des veaux de mère laitière, pourtant de 3 % au second semestre 2019 par rapport à 2018, ne suffit pas à compenser la faible demande. Face à l’érosion progressive des effectifs de veaux de boucherie engraissés en France (- 2 % par rapport à 2018) et au déclin brutal des productions de bœufs et de jeunes bovins laitiers (lire l’encadré ci-dessus), le secteur du veau nourrisson ne semble pas prêt à se remettre sur pied de sitôt. « Seul un marché du veau gras plus dynamique pourrait soutenir les cours des nourrissons », complète l’expert.

Faute de place en France, les envois de petits veaux vers l’Espagne continuent de grimper. « En 2019, ils ont totalisé 287 000 têtes, soit une hausse de 9,5 % par rapport à 2018 et de 15 % au regard de 2017 », expose l’Idele. Ce débouché absorbe une large part des croisés lait-viande, dont le développement dans l’Hexagone s’est poursuivi l’an passé (+ 8,5 % par rapport à 2018).

Lucie Pouchard

Les naissances de veaux croisés lait-viande ont augmenté de 8,5 % en 2019 par rapport à 2018. © Jerome Chabanne
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les tarifs se maintiennent

Même si les commandes dans les magasins sont moins nombreuses pour la fin du mois de septembre 2021, les disponibilités restent globalement assez modestes. Ceci permet de maintenir les cours dans le secteur allaitant comme laitier.
Votre analyse du marché - Veaux

Commerce difficile

Sur les marchés, les volumes progressent et l’activité commerciale se tend, sous le contrôle des intégrateurs. Les frais de commercialisation sont de plus en plus contraints. Le marché espagnol, qui est souvent la porte de secours à cette période de l’année, se cale sur les prix du commerce français auxquels il faut encore endosser les frais de tests PCR.