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Veaux Des marchés chahutés

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Face à une offre européenne abondante et une consommation en berne, les cours des veaux de boucherie restent bas. Les prix des nourrissons en pâtissent également.

Après une hausse saisonnière retardée à l’automne dernier, « les cours des veaux gras subissent une chute saisonnière violente et précoce », observe l’Institut de l’élevage (Idele). En semaine 13, la cotation française du veau rosé clair O, représentatif des laitiers, chutait à 5,40 €/kg de carcasse. « Il faut remonter à l’été 2017, au creux annuel de la consommation, pour retrouver des prix aussi bas, souligne l’Idele. Les mieux conformés sont aussi dépréciés. La cotation du veau rosé clair R élevé en atelier est tombée à 5,96 €/kg fin mars (- 8 % en 2018). »

En février, les abattages français reculent de 1,5 % en têtes par rapport à 2018, avec 104 000 animaux. Ils restent toutefois stables en volume, à 14 900 tonnes équivalent carcasse (téc), en raison d’animaux plus lourds. Les carcasses atteignent en moyenne 143,5 kg, en hausse de 1 % sur un an. En cumul sur les deux premiers mois de l’année, la production abattue en France s’établit à 30 200 téc, équivalente à l’an passé. « La stabilisation des abattages est toujours due aux importations de veaux vifs finis depuis la Belgique principalement. Elles expliquent 5 % des abattages totaux au second semestre 2018, et compensent la baisse structurelle de la production de veaux français. »

Ce maintien des abattages dans l’Hexagone s’inscrit dans un marché européen encombré, tiré par les Pays-Bas. En 2018, la production néerlandaise expliquait 37 % de la production européenne de veaux de boucherie, avec 244 600 téc, soit un bond de 18 % par rapport à 2017. En janvier 2019, le pays a continué d’inonder le marché, avec une production en nette hausse de 41 % sur un an, à 22 630 téc. Après avoir chuté dès les premières semaines de l’année, la cotation du veau de boucherie pie noir néerlandais s’est stabilisée depuis mi-février à 4,50 €/kg, soit un recul de 11 % par rapport à 2018. « La filière, toujours dynamique, peine à valoriser la viande de veau. Les efforts pour trouver des débouchés à l’international n’ont pas permis d’éviter l’encombrement du marché européen », analyse l’Idele.

Mises en places ralenties

Le commerce des veaux nourrissons souffre également de cette situation. « Malgré des vêlages ralentis, le marché du veau gras reste le premier débouché pour ces animaux », rappelle l’Idele. Or « les intégrateurs peinent à écouler l’ensemble de la production, surtout depuis le second semestre 2018, du fait de la consommation en berne et de la concurrence néerlandaise. Ils ont en conséquence fortement ralenti les mises en place en prévision de l’été. »

En semaine 14, le cours français du veau mâle laitier de 45-50 kg se stabilisait à 75 € par tête, soit une chute de 55 € par rapport à 2018. Car les difficultés du marché des petits veaux viennent également du fléchissement de la demande ibérique, « en raison de la réduction des importations turques de jeunes bovins finis espagnols ».

Vincent Guyot

Une timide consommation des ménages à domicile

En 2018, les achats de viande de veau par les ménages ont reculé de 5,4 % par rapport à 2017, d’après le panel Kantar Worldpanel, réalisé pour FranceAgriMer et publié le 9 avril. Une tendance qui se poursuit début 2019. « La météo pré-printanière du mois de février expliquerait la baisse de la consommation, analyse l’Institut de l’élevage. […] De plus, les exportateurs néerlandais braderaient d’importantes disponibilités. » Si le festival du veau (période de promotions en magasins de fin janvier à début mars) avait pour objectif de relancer la consommation, son succès s’est avéré « mitigé ». S’agissant de la restauration hors domicile, la viande de veau importée continue de prédominer.

L’encombrement du marché des veaux de boucherie contraint les intégrateurs à repousser les sorties. © Christian Watier
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les coûts de production à la hausse pénalisent les engraisseurs

Le recul de l’activité d’engraissement se poursuit dans les femelles et les jeunes mâles blonds d’Aquitaine et parthenais : les tarifs pratiqués dans la viande ne suffisent pas à compenser la hausse des charges d’aliment. Les bilans des engraisseurs sont dans le rouge.
Votre analyse du marché - Veaux

Les prix restent sous contrôle

Face à la hausse de leurs coûts de production, les intégrateurs cherchent à garder la main sur le prix des veaux laitiers. Sans réelle concurrence émanant du marché espagnol, également contraint par la hausse des aliments, les cours ne bougent pas malgré le recul de l’offre.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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