Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Veaux Le manque de débouchés pèse sur les cours

réservé aux abonnés

 - -->

Dans un contexte incertain,
les intégrateurs restent prudents dans leurs mises en place. Une situation qui joue en défaveur du veau nourrisson, en plein pic de vêlage automnal.

Alors que l’offre en veaux nourrissons s’étoffe, « les intégrateurs gèrent prudemment les mises en place en prévision de la moindre consommation printanière de viande de veau et en réaction aux sorties actuelles en dents de scie, analyse Olivier van Ingelgem, secrétaire général du Syndicat de la vitellerie française. Il suffit de quelques points de déséquilibre entre l’offre et la demande pour que la cotation s’effondre. »

Jusqu’ici, la stratégie de limitation des mises en place semble payante. « Un équilibre a été trouvé, permettant de limiter les effets du reconfinement », poursuit le spécialiste. En fin de semaine 43 (19 au 25 octobre), « le supplément d’effectifs de mâles âgés de 6 à 7 mois de mère laitière présent en élevage (+10 % par rapport à 2019) se résorbe, confirmant une fluidification du marché du veau de boucherie en octobre », analysent Ilona Blanquet et Alix Gérardin, économistes à l’Institut de l’élevage (Idele).

D’après Normabev, le poids et l’âge moyens des veaux abattus ont aussi reculé de manière significative. « Le poids moyen est passé de 149 kg équivalent carcasse (kgéc) en septembre à 147 kgéc en octobre. L’âge moyen s’est abaissé à 188 jours en octobre, contre 192 jours en septembre », calcule Alix Gérardin.

Le marché du petit veau est déséquilibré

S’agissant des cotations, celle du veau rosé clair O poursuit sa hausse saisonnière, mais de façon plus modérée depuis la mi-octobre. En semaine 47 (16 au 22 novembre), elle s’établissait à 5,78 €/kg carcasse. « Elle rejoint son niveau de 2019 à la même période », relève Ilona Blanquet.

En veau nourrisson, le recul des vêlages de vaches laitières en septembre (- 6,2 % par rapport à 2019 et - 9 % par rapport à 2018) ne suffit pas à compenser le déséquilibre de marché. En semaine 48 (23 au 29 novembre), le cours du mâle laitier de 45 à 50 kg affichait 49 €/tête. « Un prix plancher semble être atteint », indique Ilona Blanquet. Cette cotation représente uniquement les effectifs vendus sur les marchés aux bestiaux. Car malgré des exportations dynamiques à l’automne (lire l’encadré), les veaux les plus chétifs ne sont plus ramassés dans les fermes, faute de débouchés suffisants. En résulte un climat commercial sous tension dans les campagnes.

Devant la mévente d’une partie de la production, quelques collecteurs de veaux du secteur de Châteaubriant (Loire-Atlantique) pourraient cesser le ramassage des animaux durant décembre, afin de susciter des réactions au sein de la profession. À cela s’ajoute la non-vaccination fréquente des veaux contre la fièvre catarrhale ovine, qui engendre des frais pour l'exportation.

Lucie Pouchard

« Les veaux nourrissons sont exportés vers un marché espagnol en difficulté », note l’Idele. © Christian Watier
Les exportations ne tirent pas les prix vers le haut

En septembre 2020, les exportations de veaux de mère laitière de moins de 2 mois ont progressé de 5 % par rapport à 2019 et de 17 % par rapport à 2018. Sur les neuf premiers mois de l’année, 234 000 têtes ont été expédiées, soit une hausse de 8,7 % sur un an. Pour autant, ces envois records ne sont pas synonymes de prix attractifs. « En semaine 46 (9 au 15 novembre), la cotation espagnole du veau frison de moins d’un mois affichait 79,47 € », rapporte Ilona Blanquet, de l’Idele. Les cours de la viande en Espagne, très dépendants de la restauration hors foyer, pâtissent des restrictions sanitaires. Le confinement, qui a aussi secoué les pays du Maghreb, perturbe les exportations des jeunes bovins espagnols sur le pourtour méditerranéen.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Marché à l’équilibre

Bien que les ventes ne soient pas très dynamiques dans le secteur aval, les disponibilités globalement modestes assurent l’équilibre en races à viande. Du côté des réformes laitières, aucun changement tarifaire n’est à noter. En jeunes bovins, le commerce reste très fluide compte tenu d’une offre toujours déficitaire sur le marché européen.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !