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Les prix des veaux laitiers en berne

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© Philippe Montigny/Filimages

L’automne annonce le pic de naissances de veaux laitiers, tandis que la demande intérieure ne cesse de faiblir.

«La période automnale constitue un déséquilibre classique, les naissances de veaux laitiers atteignant leur pic à cette saison. Les inquiétudes semblent pourtant se renforcer cette année. Malgré le recul du nombre de veaux issus du troupeau laitier (- 3,5 % par rapport à 2018), les ventes sont particulièrement difficiles », explique Lina-May Ramony, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele).

Des semaines 42 à 45, du 14 octobre au 8 novembre 2019, « le cours du mâle laitier de 45-50 kg a stagné à 50 €/tête­. 2019 est une mauvaise année pour ces animaux, dont les prix étaient en moyenne 26 % en deçà de leur niveau de 2018 », souligne l’Idele dans sa note de conjoncture de novembre. « Les laitiers sont confrontés à un réel problème de débouchés. Les plus chétifs trouvent difficilement preneurs », poursuit-t-elle.

Marché espagnol encombré

Au vu de la faible demande sur le marché intérieur, l’Espagne s’avère être la seule issue possible pour écouler les excédents. En septembre, les envois de nourrissons ont progressé de 33 % par rapport à 2018. Depuis janvier, 197 000 animaux ont été expédiés, soit 11 % de plus qu’en 2018 et 26 % par rapport à 2017. Mais le marché ibérique, saturé depuis la fin des expéditions des jeunes bovins (JB) finis vers la Turquie en 2018, achète la marchandise française à bas prix. Depuis mars 2019, la cotation espagnole du veau prim’hosltein de moins d’un mois est sous les niveaux des années précédentes. En semaine 44, elle était de 77 €/tête, soit 15 % de moins qu’en 2018.

La crise qu’a traversé le secteur du veau gras a aussi suscité des ajustements dans les mises en place. Ce phénomène a fortement impacté le marché du petit veau. Le recul de l’engraissement des jeunes bovins laitiers participe également à ce contexte difficile. « Faute d’acheteurs, les cours devraient rester bas les prochains mois. La remontée des prix dépendra fortement de la dynamique du secteur du veau de boucherie en 2020 », conclut Lina-May Ramony (lire l’encadré ci-dessous).

Lucie Pouchard

Cours du veau gras toujours en hausse

« Après un premier semestre marqué par des cours au plus bas, les cotations des veaux de boucherie de type laitier enregistrent une hausse saisonnière exceptionnellement prononcée », observe l’Idele dans sa note de novembre. Le marché européen assaini et la demande transalpine active devraient soutenir cette tendance haussière encore quelques semaines, avant de se stabiliser jusqu’en 2020.

Votre analyse du marché - Veaux

Pas de cotation à Château-Gontier

Face à la crise que traversent les éleveurs et les ramasseurs de veaux, la commission des veaux du marché de Château-Gontier a décidé de ne pas établir de grille de cotation. Cela ne fait pas disparaître la pression subie par les producteurs, sur un marché excédentaire, mais le message est destiné aux décideurs des politiques agricoles, qui à ce jour n’ont pas trouvé de solution à cette situation qui perdure depuis de nombreuses années à cette période de l’année.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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