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Vaches de réforme : des cours sous pression

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L’afflux de réformes laitières en France et en Europe pèse sur les tarifsdes vaches O, P et R.

En octobre 2018, les abattages de vaches laitières en France étaient 12 % supérieurs à ceux du mois d’octobre 2017. « L’ajustement du cheptel, lié au manque de fourrages, a débuté cet été, observe Baptiste Buczinski, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele). Il est particulièrement important dans le Centre et le Nord-Est. Sur les dix premiers mois de l’année, les réformes ont progressé de 3,6 %, soit 30 000 vaches supplémentaires par rapport à 2017. »

Cet afflux de réformes laitières, d’ampleur européenne (voir encadré) pèse sur les cours des femelles O, P et R. Les cotations des vaches O et P ont commencé à chuter début octobre, et sont désormais sensiblement inférieures à celles de 2017 (respectivement 3,07 et 2,68 €/kg de carcasse (kgc) en semaine 45, soit - 5 et - 8 %). Sur les six dernières semaines, les tarifs ont diminué de 22 et 32 centimes. Dans le même temps, les réformes R ont perdu 9 centimes, atteignant 3,73€/kgc en semaine 45 (- 1 % par rapport à 2017), retrouvant leur très bas niveau de 2016.

Les vaches U résistent

« Seule la cotation des vaches U, destinées à des marchés plus qualitatifs, résiste », remarque l’économiste. À 4,45 €/kgc en semaine 44, elle a progressé de 5 centimes sur les quatre dernières semaines, mais reste néanmoins en dessous de son niveau de l’année dernière (- 1 %). »

Durant les dix premiers mois de l’année, les abattages de réformes allaitantes sont restés dynamiques, augmentant de 3 % par rapport à 2017, et de 8 % par rapport à 2016. Au 1er octobre, le cheptel était en recul de 75 000 têtes sur un an. Le rythme de la décapitalisation est cependant un peu moins soutenu depuis septembre. « Les éleveurs allaitants ont davantage attendu que les éleveurs laitiers pour adapter leur cheptel, souligne Baptiste Buczinski. Certains souhaitent connaître la qualité de leurs ensilages ou faire l’état de leurs stocks avant de prendre des décisions. »

Les cours moroses de la viande n’incitent pas non plus à réformer. « À court terme, le marché des vaches de réforme devrait rester compliqué. L’ajustement du cheptel laitier n’est pas forcément terminé et la décapitalisation allaitante pourrait repartir de plus belle prochainement. Nous prévoyons qu’elle perdure, au moins en 2019. »

Dans ses prévisions, l’Idele annonce ainsi une hausse de la production de viande bovine de réforme de 4 % sur l’année 2018, suivie par une chute de même ampleur en 2019.

Valérie Scarlakens
Entre octobre 2016 et octobre 2018, le cheptel allaitant a perdu 140 000 têtes. Annulantlargement l’effet de la précédente capitalisation (+ 110 000 têtes entre 2013et 2016). © Claudius THIRIET
Hausse globale de l’offre sur le marché européen

« Les effets de la sécheresse sont encore bien présents sur le marché européen et provoquent un afflux de réformes, note Baptiste Buczinski. L’ajustement des cheptels ne semble pas terminé. » À 2,81 €/kgc début novembre, la cotation de la vache O était inférieure de 5 % à celle de 2017. En Irlande, 33 % des éleveurs déclarent être touchés par un déficit de fourrages, évalué en moyenne à 15 %. « Sur l’année en cours, 320 000 vaches ont été réformées, un record depuis la suppression des quotas laitiers. » En Allemagne et aux Pays-Bas, les abattages de ces dernières semaines sont en hausse de 5 et 10 % par rapport à l’an passé. Partout, les cours sont en forte baisse. « Les cotations polonaises résistent davantage, grâce à une hausse de la demande de viande hachée en Europe, qui profite pleinement au secteur de la transformation. L’écart de valorisation entre quartiers avant et arrière s’est réduit de 40 centimes depuis le début de l’année. » La hausse des importations de l’UE (+ 16 % en cumul de janvier à juillet 2018-2017) participe également à l’engorgement des marchés.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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