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Un contexte porteur pour la volaille de chair

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Avec une production et une consommation en hausse, la filière est optimiste malgré les écueils à surmonter.

Les Français mangent de la volaille, et même de plus en plus, grignotant des parts de marché aux dépens des autres viandes. Cette consommation, en hausse de 2,4 % en 2015 par rapport à 2014 , est « au plus haut depuis quarante ans », selon Agreste. Et elle a tiré la production nationale. La filière volailles de chair est consciente de cette opportunité, mais elle doit surmonter des difficultés conjoncturelles, telle que l’influenza aviaire, et structurelles, comme un parc bâtiments insuffisant et vieillissant. De plus, selon qu’il s’agit de poulet, canard, dinde ou pintade, les perspectives de progression ne sont pas les mêmes, le premier s’en sortant bien mieux que les trois autres.

Volumes en hausse

Toutes espèces confondues, la production approchait 1,9 Mt équivalent carcasse (téc) en 2015, en hausse de 1,4 % par rapport à 2014. Espèce phare avec 2/3 des volumes, le poulet a vécu une belle année, porté par une consommation en progression régulière depuis des décennies. Néanmoins, la production (1,2 M téc), malgré une hausse de 5,2 % est loin de suffire à la demande, et les importations ne cessent de grimper. Elles s’élevaient à 486 000 téc l’an dernier (+7 %), provenant surtout de l’UE. « Il faudrait plus de 200 000 m2 de bâtiments supplémentaires pour compenser ces volumes », a souligné Jean-Yves Ménard, président du Comité interprofessionnel du poulet de chair, lors de l’AG des interprofessions volailles de chair, le 21 avril à Angers (49). Mais aussi travailler sur de nouvelles formes de conditionnement pour la grande distribution et la restauration hors domicile (RHD), alors que les achats de poulet entier reculent au profit des découpes et charcuteries.

En canard à rôtir, la consommation est bien orientée (+2,5 % en 2015), et les mises en place ont augmenté de 2 %. Le marché est en grande partie tourné vers l’export, puisque 80 % des filets partent hors des frontières, majoritairement vers l’Allemagne et le Danemark. Un débouché intra-européen qui s’est maintenu malgré l’influenza aviaire. Pour la pintade également, 2015 a été plutôt bonne, avec des mises en place et une consommation en légère hausse. Seule la dinde faisait grise mine, avec un repli de 4,3 % des volumes, limitée par des capacités de production insuffisantes.

Les labels bénéficient, quant à eux, d’une progression persistante de la demande depuis plusieurs années. 2015 le confirme, avec des abattages en hausse de 3 % par rapport à 2014.

Elsa Casalegno
Les importations en provenance de l’Union européenne s’accroissent

Le solde du commerce extérieur de viandes et préparations est positif en 2015, mais de peu. La France a exporté près de 593 000 téc, mais en a importé plus de 550 000. Ce solde poursuit une lente mais régulière dégradation due à la hausse des importations (+ 4,2 % en 2015) pour répondre à la demande croissante, en particulier en RHD, alors que la production ne suit pas le rythme. Près de 30 % de la consommation est désormais couverte par des achats provenant du Brésil, Allemagne, Belgique ou Pologne. 2016 s’annonce sur la même tendance.

Les exportations se redressent légèrement après quatre ans de recul, tant vers l’UE (+ 2,1 %) que les pays tiers (+ 5,2 %), essentiellement vers l’Arabie Saoudite. Les ventes de poulet augmentent de 5,2 %, celles de canard et de dinde baissent respectivement de 7 et 4,4 %.

Les importations provenant de l’UE progressent de 5,5 %, entraînant un déficit accru, chiffré à 379 M€. « Cette dégradation s’explique par des importations de viandes de poulet qui augmentent de 80 % (depuis 2007), alors que les exportations reculent de 10 % », selon Agreste.

« Aujourd’hui, un poulet sur quatre est sous label ou bio, souligne Éric Cachan, président du Synalaf. On monte à 70 % dans le poulet PAC, et à 11 % dans les découpes. » © J.- C. Gutner
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Cet article est paru dans La France Agricole

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