« Alors que près de 25 % de la viande ovine consommée en France est importée du Royaume-Uni, un « no deal » aurait des conséquences importantes sur les marchés britannique et français. Les carcasses d’agneaux réfrigérées exportées vers la France, qui représentent plus des trois quarts des envois britanniques, seraient soumises à une taxe de 12,8 % + 1,174 € par kg net. Le rétablissement des frontières entraînerait une perte de compétitivité des agneaux anglais, donc une chute des envois. À court terme, les éleveurs britanniques seraient confrontés à une chute des cours difficilement tenable. En France, les consommateurs pourraient se détourner de la viande d’agneau, faute d’approvisionnement. Il est peu probable que d’autres provenances telles que la Nouvelle-Zélande (désormais plus tournée vers la Chine), l’Irlande ou l’Espagne compensent totalement ce recul. Cette situation pourrait aussi constituer une opportunité pour la production française : en 2018, les abattages français n’ont représenté que 44 % de la consommation.

À moyen terme, le marché pourrait se rééquilibrer. L’Australie, d’un côté, et la Nouvelle-Zélande, de l’autre, sont en discussion avec l’Union européenne pour des accords de libre-échange. Les contingents déjà accordés pourraient augmenter à l’avenir. »