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Œufs Un marchéà deux vitesses

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Même si la consommation d’œufs coquille

«L’année 2020 aura connu une nette augmentation annuelle de la production française d’œufs de consommation, s’éle­vant à près de 7,5 %, contre 2 à 3 % en 2019 », rapporte Olia Tayeb Cherif, chargée d’études économiques en filières avicoles chez FranceAgri­Mer. D’après l’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, cette dynamique devrait se poursuivre en janvier (+ 7,5 % sur un an) et février (+ 6,1 %), avant de ralentir en mars (+ 2,4 %) 2021. « Les fabricants d’aliments observent déjà une baisse de la production d’aliments pour poulettes », précise la spécialiste.

Cette offre soutenue a permis de répondre à une consommation à domicile qui l’est tout autant. De janvier à novembre, « les achats d’œufs coquille par les ménages français, pour tous les circuits de distribution confondus, sont en hausse de 11,4 % par rapport à l’année précédente », indique l’Institut technique de l’aviculture (Itavi). Les œufs issus de systèmes alternatifs à la cage poursuivent leur essor (voir l’infographie), en particulier les œufs sol (code 2), dont les ventes ont bondi de 141,5 % sur la période. Malgré la très forte dynamique des achats lors du premier confinement pour lutter contre la Covid-19, les œufs produits en cage aménagée continuent de céder du terrain (- 6,2 %).

« Risque d’effet ciseau »

S’agissant de la production destinée à la transformation, la situation est plus contrastée. « Au printemps 2020, une part très importante des volumes a été redirigée vers les circuits de distribution pour satisfaire une demande effrénée, retrace Olia Tayeb Cherif. Cela ne s’est toutefois pas reproduit lors du second confinement à l’automne. Les œufs cage ont notamment souffert d’un déficit de demande pour l’industrie. » En effet, l’Itavi fait état d’un marché « incertain depuis la hausse des cas de Covid-19, suivi par les mesures de couvre-feu et de confinement annoncées en octobre ». Par conséquent, « en fin d’année 2020, le cours de la TNO (1), qui reflète les échanges sur le marché spot, est d’environ 30 % inférieur à 2019, et décroche nettement de ses valeurs historiques », observe la spécialiste de FranceAgriMer.

Dans un contexte de forte hausse du prix de l’aliment (lire l’encadré), « cette situation pourrait créer un effet ciseau pour les acteurs de la filière, et conduire les différentes parties prenantes à renégocier leurs contrats », poursuit-elle. Car les exportations d’ovoproduits ne profitent pas davantage de vents favorables : « La plupart des partenaires commerciaux des opérateurs français subissent également la fermeture de la restauration commerciale et collective liée à la Covid-19. »

Vincent Guyot

(1) Tendance nationale officieuse.

Le marché des oeufs destinés à l’industrie subit notamment la fermeture de la restauration. © Philippe Montigny/Filmages
Hausse des coûts de production

« L’augmentation du prix de l’aliment pour poules pondeuses atteint plus de 35 € par tonne depuis le début de l’année 2020 », alertait le Syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (Snipo), à la fin du mois de décembre. Sur le dernier mois de 2020, l’indice Itavi poules pondeuses, qui reflète l’évolution du coût des matières premières utilisées dans les formules d’aliment, était en progression de 19,8 % sur un an. « Cette flambée entraîne une augmentation du coût de production de 0,5 à 0,7 centime par œuf, en fonction du mode d’élevage », estime le Snipo. En cette période de négociations commerciales annuelles, l’organisation demande « une revalorisation du prix de vente des œufs coquille et des ovoproduits à la grande distribution, aux industries alimentaires et au segment de la restauration hors domicile ».

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Cet article est paru dans La France Agricole

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