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Conflit à l’OMC

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Le Brésil, l’Australie et le Guatemala s’opposent aux politiques d’aides gouvernementales en Inde.

Irrités par le système de subventions du gouvernement indien, le Brésil, l’Australie et le Guatemala ont décidé de porter l’affaire devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le 15 août 2019, celle-ci a décidé d’accéder à la demande des plaignants de mettre en place des panels. Ces derniers devront déterminer si les politiques d’aides gouvernementales indiennes (prix d’achat minimum imposé aux usines et subventions aux exportateurs) sont conformes aux règles du commerce international.

Eduardo Leão de Sousa, directeur exécutif de l’Unica (association des industriels de la canne à sucre du Brésil), appuie la procédure : « Les prix de la canne à sucre indienne doivent s’aligner sur le marché international, et ces subventions excessives doivent être éliminées. » De son côté, l’Inde conteste être hors des règles de l’OMC et déclare agir d’abord pour ses 35 millions de producteurs vulnérables qui dépendent de la production de canne à sucre pour leur subsistance.

La mise en place des panels par l’OMC n’est que le point de départ d’un très long processus. La publication seule d’un premier rapport pourrait prendre, en effet, jusqu’à neuf mois. Mais cette démarche peut aussi inciter les parties prenantes à se mettre autour de la table.

En 2018, l’augmentation de 45 % des taxes sur les importations de sucre, décidée par la Chine, avait déjà déclenché une réclamation de Brasilia devant l’OMC. Le litige s’était finalement réglé en mai dernier par un accord, sans que sa teneur en soit dévoilée.

Rencontre prochaine

Ce différend avec l’Inde sera certainement évoqué en novembre prochain, puisque le Premier ministre indien, Narendra Modi, doit se rendre au Brésil pour rencontrer le président brésilien Jair Bolsonaro. Il sera notamment question de l’augmentation de la production d’éthanol en Inde et du développement du marché mondial de ce combustible, autre dérivé de la canne à sucre.

Benoit Devault

Deux géants bien différents

La place de leader mondial de producteur de sucre est disputée par l’Inde (30 Mt en 2019-2020) et le Brésil (32 Mt).

Mais la comparaison s’arrête là. Avec deux tiers de ses volumes destinés aux marchés internationaux, le Brésil s’est construit une filière taillée pour l’export. L’Inde, quant à elle, absorbe en moyenne 95 % de sa production, et lutte certaines années pour rester autosuffisante.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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