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Produits laitiers Des débouchés fragilisés

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Le marché intérieur est morose, et l’export souffre de la surproduction mondiale.

En 2016, la collecte laitière française s’est établie à 24,8 millions de tonnes, en repli de 2,5 % par rapport à 2015. Ce qui n’a pas été sans conséquences sur les fabrications de produits laitiers. Ce sont les produits industriels qui constituent habituellement la variable d’ajustement des disponibilités en lait. Après une hausse en 2015 et début 2016 pour absorber le surplus de collecte, les fabrications de beurre vrac ont chuté de 9 % au second semestre 2016, ceux de poudre maigre de 14 %, et ceux de poudre grasse de 4 %. Si la demande internationale en matières grasses reste vive, tirant les cours mondiaux à la hausse, c’est toujours le calme plat du côté des protéines. Seules les poudres infantiles sont dynamiques, à +8 %, tirées par une demande à l’export qui ne se dément pas.

« Les produits industriels sont les plus touchés, mais les produits de grande consommation ont aussi pâti d’une demande intérieure déprimée (cf. encadré) », précise l’Institut de l’élevage (Idele) (1). Or ces derniers pèsent encore 71 % du débouché du lait français.

Confrontés à l’encombrement du marché mondial puis au manque de disponibilités, les débouchés export (46 % de la collecte nationale, dont 30 % vers l’UE) n’ont pas pris le relais du marché intérieur. Entre recul des exportations (-1 % en volume, -4 % en valeur) et hausse des importations (+3 % en volume, stable en valeur), la balance commerciale de la France s’est érodée de 8 % en 2016 pour s’établir à 3,4 milliards d’euros (Md€). Le solde des échanges avec l’UE s’est de nouveau dégradé (-23 % à 1,08 Md€). C’est le débouché pays tiers qui a boosté les échanges, grâce à une forte hausse des ventes, en particulier vers la Chine et les États-Unis.

Lente convalescence

Et 2017 ne s’annonce pas euphorique. Malgré un petit sursaut du prix du lait en début d’année, la collecte française ne se redresse que lentement. L’Idele prévoit une hausse inférieure à 1 % sur l’année. Ce supplément de volume devrait être transformé en fromages, soumis à la concurrence des autres pays, européens en tête. Pour assainir le marché, il est impératif de résoudre le devenir des 350 000 t de poudre maigre à l’intervention, qui freinent les achats alors même que les autres débouchés poudre de lactosérum, fromages, PGC ne se portent pas si mal.

Elsa Casalegno

(1) Voir le dossier « 2016 : de la dépression… aux incertitudes de marchés en 2017 » de l’Institut de l’élevage.

Le débouché des produits de grande consommation n’est plus aussi florissant qu’avant. Les fabrications françaises de produits frais ont reculé en 2016 par rapport à 2015 : -1 % pour les laits conditionnés, -3 % pour les yaourts et desserts frais… © C. THIRIET
Une consommation morose

Les consommateurs français ne boudent pas vraiment les produits laitiers : ils restent parmi les plus gros consommateurs de la planète. Mais leurs achats fléchissent d’année en année (voir infographie). Selon les données Iri-Cniel, les ventes libre-service en grande surface ont reculé de 3 % en 2016 par rapport à 2015, deux fois plus que l’année précédente.

Les plus touchés sont le lait conditionné (-4 %) et l’ultra-frais (-4 % pour les fromages frais, -2 % pour les yaourts et -1 % pour les desserts lactés). La consommation de lait est de 48,7 kg par habitant (-10 kg en 10 ans). Celle de yaourts et de desserts frais décroît à 27,2 kg après un pic à 30,7 kg en 2007.

Après plusieurs années fastes, le beurre et la crème s’essoufflent : en volume, les achats reculent de respectivement 1 % (+2 % en valeur grâce à une hausse du prix de vente) et 2 %.

Seuls les fromages tirent encore leur épingle du jeu, les ventes se maintenant en volume – avec néanmoins un recul de 1 % en valeur. Ce sont surtout les produits types mozzarella et fromages fondus qui tirent l’ensemble. Par habitant, le bilan est moins rose : la consommation est en recul de 3 % à 7,4 kg pour les fromages frais, et 16,3 kg pour les autres.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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