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Porc Regain de demande chinoise à bonifier

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Face à une demande en hausse, les grands pays producteurs se battent pour exporter vers l’empire du Milieu.

La bouffée d’oxygène apportée par les récents achats chinois est-elle durable ? Cette question trotte dans la tête de tous les acteurs de la filière porcine, en France et dans les autres pays exportateurs. Les importations chinoises de viandes ont augmenté de 72 % durant le premier trimestre 2016 par rapport à la même période de 2015, pour s’établir à 204 000 tonnes. Ce vaste pays, historiquement autosuffisant en viande de porc, fait face à une demande croissante, qui s’élève désormais à 56 millions de tonnes équivalent carcasse (Mtec). L’an dernier, le déficit de production a représenté 1,7 % de la consommation, ce qui équivaut à 1,5 Mt de viandes importées. Un marché immense...

Un déficit structurel

La Chine reste le premier producteur de porc au monde, mais la moitié de la production provient de fermes familiales et le tiers de toutes petites structures, possédant deux ou trois cochons seulement. « Depuis plusieurs années, le gouvernement favorise le développement de l’élevage industriel, avec des exploitations capables de produire 500 porcs par an, et en faisant fermer les petits élevages », a expliqué Fanye Meng, représentant d’Inaporc à Pékin (1). Ce qui a entraîné une décapitalisation du cheptel de truies.

En avril 2016, des problèmes sanitaires ont encore accentué la baisse de production et entraîné une hausse des prix (19 yuans/kg vif, soit 2,55 €/kg). De plus, en 2015, il a été mis un terme à la politique de l’enfant unique. La population devrait donc continuer à croître dans les années à venir, avec des modes de consommation qui changent. Historiquement, la viande était consommée chaude (quelques heures après abattage) ou transformée (fumée, séchée). Aujourd’hui, les achats de viande froide sont en hausse, donc les importations de viande congelée aussi.

La France entend se positionner, mais elle fait face à des concurrents redoutables. En 2013-2014, l’Union européenne est devenue le premier fournisseur de la Chine. L’Allemagne, le Danemark, l’Espagne et la France sont les principaux exportateurs. Le Canada et les États-Unis, sur les rangs, doivent encore construire une filière sans ractopamine. Jusqu’à présent, les pays sans agrément passaient par Hong Kong, mais le gouvernement chinois met fin à ces pratiques, d’où une chute des importations provenant de ce territoire.

Isabelle Lejas

(1) Lors de l’assemblée générale du Marché du porc breton, le 23 juin à Plérin (Côtes-d’Armor).

Nourrir sa population avec des produits sûrs reste le premier défi du gouvernement chinois. Les importations sont nécessaires, vu le déficit de céréales pour l’alimentation animale. © Xinhua/ZUMA/REA
La France peut tirer son épingle du jeu

Avec 13 sites d’abattage, 4 sites de fabrication de charcuterie et 60 entrepôts, la France bénéficie de nombreux agréments pour exporter en Chine. C’est même le seul pays agréé pour la charcuterie sèche. Mais les procédures administratives sont longues et complexes. Pour faciliter ce travail, Inaporc a embauché en 2012 un collaborateur chinois, Fanye Meng. Basé à Pékin, il est chargé d’établir des relations fortes avec les autorités chinoises, accompagner les missions d’inspections sanitaires, mais aussi gérer des situations de crise, comme le blocage de 517 containers en 2014. Selon lui, « la France doit chercher de nouveaux modèles de collaboration ». Cela passe par l’agrément de nouveaux produits (abats blancs, produits préemballés, charcuterie, demi-carcasses). « Devenir client privilégié auprès de l’Administration garantit de pérenniser le commerce, souligne-t-il. Au-delà des volumes, l’atout de la France, c’est aussi son savoir-faire en élevage : conception de bâtiments, matériel, traitement du lisier… La Chine aura besoin de transfert de compétences et la France a un rôle à jouer. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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