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Porc Les exportations mènent la danse

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Malgré un marché européen atone, le commerce extérieur tire les prix vers le haut, dans un contexte de baisse saisonnière de l’offre en élevage.

Avril aura sonné comme une ferme embellie pour le cours du porc français. Avec un peu de retard sur ses voisins européens, le prix de base a bondi de 18,3 centimes pour atteindre 1,535 €/kg en fin de mois, « surpassant les mêmes références de 2020 et 2019 », souligne le Marché du porc breton (MPB) dans sa note mensuelle, publiée le 7 mai. « La demande est stable sur le marché intérieur, et les exportations se main­tiennent », analyse l’Institut du porc (Ifip).

La chine reste aux achats

Les autres références européennes s’étaient réveillées un mois plus tôt, dès mars, traduisant une « frénésie » sur le marché du porc vif. « En Allemagne, le nombre élevé de porcelets exportés dans le reste de l’Europe a manqué à l’appel dans les abattoirs, explique Pascal Le Duot, le direc­teur du MPB. La hausse de la référence allemande a ainsi entraîné les autres places européennes. Pour autant, le prix des pièces n’a pas suivi une tendance aussi marquée. Le commerce est donc resté compliqué sur le marché intracommunautaire. »

Car c’est bien le grand export qui donne le « la ». En cumul de janvier à février 2021, les envois euro­péens (Union européenne à 27) de produits porcins vers les pays tiers ont progressé de 27,9 % par rapport à la même période en 2020. La Chine reste plus que jamais aux achats (voir l’infographie). « Le pays ne parvient pas à se sortir de la fièvre porcine africaine », note Pascal Le Duot. D’après l’Ifip, afin de lutter contre les problèmes sanitaires « qui se sont aggravés ces derniers mois » (1), le pays a divisé son territoire en cinq régions, et « le transport des animaux vivants entre ces zones est interdit depuis le 1er mai ».

Alors que l’Espagne reste de loin le premier fournisseur européen de l’empire du Milieu, les opérateurs français profitent aussi de cet appel d’air. En cumul de janvier à février 2021, les exportations de produits porcins vers la Chine ont progressé de 79,8 % sur un an, favorisées, entre autres, par l’absence des exportateurs allemands sur ce débouché.

« Regain » de la demande internationale

Si l’heure semble désormais à la stabilisation des cours, les fondamentaux de marché devraient rester bien orientés pour les mois à venir. L’Ifip table sur une augmentation de 14,5 % des exportations de l’UE en 2021, par rapport à 2020. « La situation sanitaire dégradée dans les élevages en Asie permet d’envisager un regain de la demande internationale », anticipe l’institut. Pour le MPB, « les différentes orientations [de prix] observées dans l’UE sont déterminées, entre autres, par les capacités de chaque pays à pouvoir exporter ».

Sur le marché communautaire les effets de la réouverture des établissements de restauration sur la consommation pourraient être contenus. « Cela restera un événement très épisodique et conjoncturel, estime Pascal Le Duot. C’est surtout le confinement qui a profité à la viande porcine. »

Vincent Guyot

(1) Lire La France Agricole n° 3900 du 16/04/2021, p. 6.

En janvier et février, les exportations européennes vers les pays tiers ont progressé de 27,9 % sur un an. © J. Chabanne
Le Brésil renforce ses positions

Sur le terrain des exportations, « le Brésil continue de battre tous les records malgré une explosion des cas de Covid-19 dans le pays », indique l’Institut du porc (Ifip). Sur le premier trimestre de 2021, les envois par les Brésiliens de viande et de coproduits ont bondi de 40 % sur un an, « stimulés par une intensification de la demande chinoise ».

En parallèle, la consommation intérieure reste dynamique, passant de 14,47 kg par habitant et par an en 2015 à 16,86 kg en 2020. Selon le Marché du porc breton (MPB), cette tendance est due à « une plus grande présence de produits porcins dans les supermarchés en seconde partie d’année 2020 », ainsi qu’à « la forte hausse des prix du bœuf depuis l’année dernière ». Les jambons salés sont notamment plébiscités par les Brésiliens.

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