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Porc Une rentrée à reculons

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Après une bonne année 2016, la consommation de viande de porc frais a chuté de 4,3 % en cumul sur les sept premiers mois de l’année, selon le Baromètre porc de l’Ifip (d’après Kantar Worldpanel et FranceAgriMer). Le recul est de 2,2 % pour la charcuterie, et de 3,8 % pour les jambons. © BSIP

Les cours français subissent une forte chute depuis cinq semaines, plus précoce qu’habituellement.

Alors que les derniers vacanciers ont pris la route du retour, les cours du porc ont, eux, pris le chemin de la baisse. Ou plutôt l’autoroute : la cotation au cadran de Plérin a perdu 3,6 centimes au cours de la semaine 35 et 11,10 centimes depuis mi-juillet (voir l’infographie). Même si le prix de départ est situé nettement plus haut que les années précédentes (à 1,491 €/kg), ce recul est intervenu un à deux mois plus tôt dans la saison, faisant tomber le prix payé aux éleveurs à un niveau largement inférieur aux prix allemand et espagnol. Une « anomalie » dans le contexte actuel de marché, soulignent les observateurs.

En effet, la consommation s’est plutôt bien tenue cet été. Les relevés de FranceAgriMer et du panel Kantar montrent un regain des achats de porc frais de 4 % du 10 juillet au 4 août, par rapport au mois précédent. Ce dynamisme apparent s’inscrit néanmoins dans un contexte de déconsommation de viande : les achats sont en recul de 13 % par rapport à la même période de 2016… Les enseignes ont intégré ce désintérêt des ménages : les promotions traditionnelles de viande de porc à l’automne concernent cette année des volumes moindres.

L’export fait le prix

Si les cotations restent à des niveaux plus élevés que les années précédentes, c’est grâce à un autre débouché. « Actuellement, le marché est dominé par l’export vers les pays tiers », alors que la production porcine est plutôt soutenue en Europe, rappelle Michel Rieu, économiste à l’Institut technique du porc (Ifip). « C’est là que le prix se fait aujourd’hui », confirme le Marché du porc breton (MPB). La Chine reste un gros acheteur, même si elle a réduit les volumes, et les autres destinations asiatiques se développent. L’Allemagne et l’Espagne figurent dans le quatuor de tête des fournisseurs de Pékin, avec le Canada et les États-Unis. L’Hexagone, lui, stagne loin derrière (voir l’infographie).

Un rachat impactant

La raison du flottement est peut-être ailleurs. Si la situation est plutôt favorable aux éleveurs et aux exportateurs, ce n’est pas le cas des industriels qui transforment pour le marché français, coincés entre un prix de la matière première élevé et une consommation molle. De plus, le rachat des activités de charcuterie du groupe Turenne-Lafayette par la Cooperl reconfigure les flux de porcs et les équilibres au sein de la filière porcine.

Elsa Casalegno
©
Opposition nord/sud en Europe

Le sud de l’Europe entame lui aussi sa baisse saisonnière des prix. L’Espagne devrait prochainement accuser un recul des cotations, avec les départs des derniers touristes. Ce qui lui permettra de mieux se positionner à l’export pays tiers, alors que les États-Unis enregistrent eux aussi un recul des cotations. Depuis dix ans, l’Espagne a renforcé sa compétitivité, et orienté la hausse de sa production vers l’export, en particulier vers la France et l’Asie. Désormais, plus de la moitié de sa production part hors de ses frontières. En Italie, l’heure est également au repli, à un niveau de prix qui reste néanmoins satisfaisant.

À l’inverse, « le nord de l’Europe affiche encore des prix stables », souligne le Marché du porc breton. En Allemagne, le marché s’équilibre entre une offre en progression et une consommation qui redémarre avec le retour des vacanciers. Côté exportation, les abatteurs se plaignent actuellement d’un « commerce sans ressort ». Les prix sont donc reconduits, tout comme en Belgique, en Autriche et au Danemark .

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Cet article est paru dans La France Agricole

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