Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Marché européen perturbé

réservé aux abonnés

 - -->

La crise de la Covid-19 et la peste porcine africaine
en Allemagne exacerbent les déséquilibres.

Le leadership allemand appartient définitivement au passé. La tendance à la baisse des effectifs de porcs du pays en témoigne. En novembre 2020, le cheptel de reproducteurs était en recul de 5,3 % par rapport à 2019, soit 95 000 têtes de moins. « En un an, environ 700 producteurs de porcs, soit 3,3 %, ont abandonné la production, rapporte le Marché du porc breton (MPB). La situation économique difficile et les perspectives d’avenir incertaines se sont fait sentir, de nombreux éleveurs de truies ont entrepris de réduire la taille de leur troupeau. »

Exportations entravées de porcelets

Outre-Rhin, les abattages de truies ont ainsi bondi de 20 % sur un an entre septembre et novembre 2020. En revanche, ceux de porcs charcutiers ont reculé de 2,65 % sur un an de janvier à septembre 2020. Et sur la même période, le nombre de porcs im­portés pour être abattus en Allemagne s’est effondré de 25 %. Si la baisse des importations allemandes est antérieure à l’apparition de la peste porcine africaine, la présence du virus dans le pays accentue cette tendance. En conséquence, les flux de porcelets des pays du nord de l’Europe vers l’Allemagne sont enrayés.

C’est notamment le cas au Danemark. Le pays exporte chaque année près de 15 millions de porcelets, dont 6 millions à destination des engraisseurs allemands. Désormais, la coopérative Da­nish Crown doit revoir son activité d’abattage à la hausse. De­puis le 30 novembre, l’industriel danois applique une double tarification. « Le prix payé pour les porcs abattus au Danemark issus de porcelets habituellement exportés vers l’Allemagne est d’environ 19 € inférieur au prix de marché, explique Jan-Peter Van Ferneij, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Selon Danish Crown, ce montant correspond aux coûts supplémentaires du travail pour abattre et découper ces porcs. »

Du côté des Pays-Bas, les envois de porcelets vers l’Allemagne ont baissé de 1,6 % de janvier à novembre 2020. A contrario, les flux vers l’Espagne progressent de 14,2 % sur la même période.

Vincent Guyot

Des abattages dynamiques en Espagne

À l’inverse de l’Allemagne, la progression des abattages de porcs ne se dément pas en Espagne. Entre janvier et septembre  2020, ils ont progressé de 5,19 % en têtes sur un an, à plus de 41 millions d’animaux abattus. « En volume, cela équivaut à 3 679 640 tonnes, en hausse de 7,11 %, appuie le MPB. Les abattages ont été records depuis octobre 2020. Les poids sont en baisse, bien que supérieurs à 2019. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !