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Porc La production pèse sur les prix

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En juin, le prix du porc perçu par l’éleveur progresse de 1 % par rapport au mois de mai. Il reste néanmoins inférieur de 17 % au prix payé en juin 2017. © C. THIRIET

En France et en Europe, les cotations peinent à décoller, du fait de tonnages en hausse et de débouchés fluctuants.

Face à une cotation au Marché du porc breton (MPB) qui reste scotchée à 1,20 €/kg de moyenne, les éleveurs commencent à piaffer. Les FRSEA de l’Ouest protestaient, début juillet, contre la Cooperl et sa décision de fixer son prix « maison » à 1,18 €/kg. « Soit un niveau inférieur de 4 centimes au cours du MPB.  » Quant au groupement de producteurs Porc Armor, il s’interroge : depuis le 15 juin, « le marché retrouve de la fluidité, avec même un manque de porcs à venir. Pourtant, la loi de l’offre et de la demande, si elle s’applique, doit faire monter le prix du cochon, alors que se passe-t-il ? »

Il est vrai que les prix actuels n’ont pas de quoi réjouir les éleveurs. Pour le premier semestre 2018, le bilan n’est pas fameux : une cotation en retrait de 18 % par rapport à 2017 et une consommation qui n’en finit pas de s’éroder, alors que le tonnage augmente dans le même temps de 2,6 %. « Météo désastreuse et difficultés concernant les ventes de jambon ont anéanti toute velléité de hausse en dépit d’une baisse saisonnière des offres, illustrée par de fortes chutes de poids », souligne l’Ifip dans Baromètre porc de juillet.

Morosité européenne

La situation ne devrait pas s’améliorer pendant l’été. « Si les orientations des marchés ne sont pas inhabituelles à cette période de l’année, le niveau des prix est particulièrement bas, constate le MPB. Les inquiétudes liées aux marchés de la rentrée, au moment où les offres vont s’étoffer, sont justifiées. »

Maigre consolation, la situation est similaire chez nos voisins européens, avec un marché de la viande suffisamment approvisionné, une demande calme et un commerce morose, tant sur le marché intérieur qu’à l’export. Dans les pays du Nord, la tendance est à la baisse. L’écart avec l’Allemagne reste néanmoins en défaveur des Français depuis mai 2017, dépassant parfois les 15 centimes (voir l’infographie). L’Espagne et l’Italie, elles, voient leurs hausses saisonnières freinées par la morosité ambiante.

Le débouché export de l’UE, poussé par la hausse de la production attendue en 2018 (+1,5 % par rapport à 2017, à 24 millions de tonnes) est prévu en hausse de 2,5 % par la Commission. Mais il reste très dépendant de la demande chinoise, qui donne le « la » au marché mondial. Or, après un record en 2016, puis un reflux en 2017, ses achats devraient se contracter en 2018 (- 26 % par rapport à 2017). En réaction, l’Europe continue à diversifier ses débouchés, en particulier vers d’autres pays asiatiques (voir l’infographie).

Elsa Casalegno
©
Commerce mondial : les leaders en difficulté

Production toujours en hausse, mais moins rapide, consommation qui flanche après de belles années et export fragilisé : les É tats-Unis, qui s’embourbent dans une guerre commerciale avec leurs principaux partenaires (Chine et Mexique) doivent faire face à une hausse des droits de douane sur un certain nombre de produits, dont la viande porcine, en représailles. Ce qui pourrait dégager des opportunités à ses concurrents, Canada et UE en tête.

Le Brésil se remet difficilement de scandales sanitaires (viande avariée, ractopamine), qui lui ont valu la perte de plusieurs débouchés. Ses exportations ont chuté de 3 % en 2017 par rapport à 2016, puis de 11 % au 1er trimestre 2018. Néanmoins, la Corée s’ouvre et Moscou devrait bientôt lever l’embargo décrété en novembre 2017.

Quant à la Russie, elle pourrait bientôt passer du statut de pays importateur à celui d’exportateur. Elle a atteint un taux d’autosuffisance de 91 % en 2017, à 3 millions de tonnes (+ 4 % par rapport à 2016). Pour 2018, la production de porc est encore attendue en hausse. La Russie vise désormais les marchés asiatiques.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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