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Porc La chine fait jouer la concurrence

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Si l’Union européenne à 27 reste le principal fournisseur de l’Empire du Milieu, les États-Unis gagnent des parts de marché grâce à un prix
du porc compétitif.

«Sur les six premiers mois de l’année, les exportations mondiales de viande porcine vers la Chine ont bondi de 94 % en volume par rapport à la même période en 2019 », rapporte Jan-Peter Van Ferneij, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Dans le détail, les tonnages de viandes et de produits transformés ont augmenté de 138 % et 128 % respectivement, tandis que la progression est plus timide pour les abats (+ 28 %) et les lards et graisses (+ 34 %). « Cela indique un réel besoin de volumes de viande de la part de la Chine, et permet aux exportateurs d’accroître la valeur de leurs envois », poursuit le spécialiste.

Depuis le début de l’année, les États-Unis s’imposent comme le premier pays exportateur vers l’Empire du Milieu, devant l’Espagne et l’Allemagne (voir l’infographie). « La crise du Covid-19 a profondément perturbé le secteur de l’abattage américain, par des fermetures successives d’outils, empêchant les producteurs de vendre leurs porcs », explique l’Ifip. Cette situation conduit à un net décrochage du cours américain par rapport aux références européennes, dont les acheteurs chinois ont su se saisir. Sur le premier semestre 2020, le Brésil a également accru son commerce avec la Chine, « grâce notamment à une monnaie faible », précise Jan-Peter Van Ferneij.

Des prix stables en Europe

À la différence de leurs homologues d’outre- Atlantique, un certain nombre d’abattoirs euro­péens ont été impactés par des restrictions sanitaires chinoises en début d’été, les empêchant d’exporter vers le pays. Par ailleurs, les retards d’abattage causés par la fermeture de l’immense abattoir du groupe Tönnies, en Allemagne, continuent à se faire sentir sur les principales places de cotation européennes. L’établissement avait cessé son activité pendant six semaines entre juin et juillet dernier, en raison de la découverte d’un foyer de Covid-19 parmi les salariés.

Perspectives favorables

En conséquence, « le cours du porc allemand est inchangé depuis neuf semaines et constitue un frein à l’évolution positive de beaucoup de marchés en Europe, rapporte Pascal Le Duot, directeur du Marché du porc breton. À raison de 100 000 porcs abattus par semaine, le retard à résorber lié au site de Tönnies est de l’ordre de 600 000 porcs. À titre de comparaison, en France, l’arrêt d’activité des abattoirs de Kermené (Côtes-d’Armor) et de Tradival (Loiret) en mai dernier avait occasionné un retard d’abattage de près de 40 000 porcs. »

Dans les semaines à venir, la demande chinoise devrait continuer à s’affirmer. « Les importateurs chinois anticipent les besoins pour le Nouvel An chinois [le 12 février 2021, NDLR], indique Pascal Le Duot. Cela devrait jouer en faveur d’une hausse des cours. »

Vincent Guyot

En Europe, © Jean-Michel Nossant archives
Des exportations françaises

En cumul de janvier à juin 2020, les exportations françaises de produits porcins s’élèvent à 357 100 tonnes, soit un recul de 5,3 % par rapport à la même période de 2019, d’après l’Institut du porc (Ifip). Dans le détail, 232 200 t ont été expédiées au sein de l’Union européenne (- 7 % par rapport à 2019) et 124 900 t à destination
des pays tiers (- 2,2 %). La Chine reste le premier pays destinataire des viandes françaises, avec 83 600 t sur le premier semestre (+ 17,9 % sur
un an). Toutes destinations confondues, les viandes représentent 63 % des volumes exportés, suivies des coproduits (27,5 %) et des abats (9,2 %). En parallèle, les importations françaises reculent de 11,3 % sur les cinq premiers mois
de l’année, pour s’établir à 219 200 t.
L’Espagne est de loin le premier fournisseur de l’Hexagone, à hauteur de 53 % des volumes.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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