«La Chine, comptant près de 435 millions de porcs en 2019, a perdu de 30 à 50 % de ses effectifs depuis l’émergence de la peste porcine africaine (PPA) en 2018, rapportait Jan-Peter Van Ferneij, économiste à l’Institut du porc (Ifip) lors d’un webinaire le 10 juin. De l’élevage de basses-cours aux grandes structures industrielles, tous les types de productions ont été affectés. »

Repeupler les grands élevages

Bien que freinées par le confinement en raison du Covid-19, d’importantes restructurations s’opèrent dans le secteur. « Des structures regroupant 10 000 à 30 000 truies émergent. En parallèle, la Chine s’est fixée en 2020 de faire disparaître les élevages de basses-cours au profit de grands complexes de production basés sur la technicité », poursuit l’expert. Un objectif ambitieux, puisque ces élevages couvrent encore 25 % de la production.

« Actuellement, beaucoup de bâtiments sont toujours vides mais la course à la taille est lancée. Les intégrateurs chinois sont en quête d’animaux reproducteurs pour repeupler les grandes structures », note Jan-Peter Van Ferneij.

Côté import, la Chine avait battu des records en 2019, pour compenser la chute de sa production. Pour autant, des disponibilités manquent dans certaines régions et, face à la flambée des prix du porc, les consommateurs se tournent de plus en plus vers la viande  bovine.

Avec près de 2,6 millions de tonnes équivalent carcasse importées en 2019, la Chine et Hong-Kong se positionnent comme leaders sur le marché. « Depuis avril 2018, 59 nouveaux pays ont été autorisés à exporter en Chine et le nombre d’abattoirs bovins agréés dans le monde ne cesse d’augmenter (+ 60 % entre mai 2019 et juin 2020) », indique Jean-Marc Chaumet, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage.

Lucie Pouchard