L’effectif total de porcs allemands a chuté de 4,1 % en novembre 2018 par rapport à novembre 2017. Quant aux animaux reproducteurs, leur nombre s’est érodé de 3,8 % durant la même période. « Il faut remonter à 2004 pour retrouver un cheptel aussi faible », commente l’Ifip (1). La baisse des importations de porcelets pourrait en partie expliquer cette tendance. « Selon nos estimations, l’Allemagne aurait importé moins de 11 millions de têtes en 2018, soit une baisse de près de 800 000 porcelets en un an », avance l’Ifip.

En 2018, les abattages étaient en repli de 2,62 % en têtes par rapport à 2017. Une baisse en partie compensée par un poids moyen d’abattage supérieur d’environ 100 g, établi à 94,4 kg. « Selon l’ISN (2), le nombre de porcs d’origine allemande n’a que légèrement diminué, rapporte le MPB (3). À l’inverse, le nombre d’animaux importés a considérablement baissé, de plus de 18 %. » Une tendance due à « l’utilisation accrue des capacités d’abattage dans les pays voisins, comme les Pays-Bas », estime l’agence allemande AMI. Pour les cinq premières semaines de 2019, la baisse des abattages se poursuit (- 4,43 % en têtes en 2018).

Élevages en difficulté

Car les moindres importations de porcelets n’expliquent pas tout. « Le nombre d’exploitations est tombé à 22 400, en baisse de 4,6 % en un an, affirme l’Ifip. Les engraisseurs connaissent des difficultés financières depuis la fin 2017. Celles des naisseurs se sont exprimées courant 2018. »

L’AMI rapporte une perte moyenne de 11 euros par porcelet l’an passé. Les fortes pressions sociétales pèsent également sur les éleveurs d’outre-Rhin. « La réglementation est de plus en plus stricte en matière de bien-être animal et d’environnement, et force les producteurs à réaliser d’importants investissements, poursuit l’Ifip. D’après une enquête d’ISN à l’automne, de nombreux producteurs envisagent de cesser leur activité porcine dans les prochaines années. »

Vincent Guyot

(1) Institut du porc.

(2) Fédération des éleveurs de porcs allemands.

(3) Marché du porc breton.