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Le prix moyen du porc est attendu en baisse pour 2017, en recul de 8,4 % en France (-7,5 % en Europe). © C. THIRIET

Les cotations se sont stabilisées à un niveau faible dans l’ensemble des pays européens.

Depuis un mois, le cours du porc s’est stabilisé autour de 1,80 €/kg base 56 TMP au cadran de Plérin. « Le marché s’est assaini, mais à un niveau de prix bas », reconnaît Michel Rieu, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Le recul saisonnier des cotations a débuté dès mi-juillet, bien avant la décrue habituelle de septembre. La dégringolade a aussi été forte, accusant une perte de 31,5 centimes entre le 10 juillet (au pic) et le 4 décembre, contre un recul de 23,3 centimes entre le 26 septembre 2016 (au pic) et le 5 décembre 2016.

L’export fait le prix

« Le marché se dégrade partout en Europe, c’est normal à cette saison. Ce qui l’est moins, c’est l’écart persistant de la cotation française avec les autres cotations, allemande en particulier, précise Michel Rieu. Le prix a chuté plus vite et plus tôt en France que dans les autres États membres, et il est aujourd’hui encore en décalage », révélant un défaut de compétitivité de la filière française par rapport à ses concurrents européens ou américains, qui la plombe sur les marchés mondiaux.

Or la demande est désormais plus déterminante que le cycle de production du porc dans la fixation du prix. En particulier, la demande export vers les pays tiers essentiellement l’Asie.

Le retrait relatif de la Chine a donc un impact considérable sur le marché européen. Ses achats de viandes et abats sont passés de 3 millions de tonnes (Mt) en 2016 à 2,4 Mt cette année. C’est pourtant plus qu’en 2015 avec 1,5 Mt, mais cela suffit pour faire pression sur les prix. Le report vers d’autres destinations asiatiques, comme la Corée du Sud ou les Philippines, a permis de compenser en termes de volumes, mais pas de prix, très élevé sur le marché intérieur chinois jusqu’en début d’année.

Elsa Casalegno
Offre et consommation tirent à la baisse

Les prix européens du porc se sont stabilisés à un niveau bas. Le commerce se caractérise par une offre en porcs élevée, avec des abattages dynamiques dans tous les pays. La production avait fortement augmenté en 2015. Elle a atteint un niveau historique en 2016, et est à peine redescendue cette année. Elle devrait néanmoins reculer de 0,3 % en 2018 par rapport à 2017. Mais cette abondance est confrontée à une consommation intérieure morose. En considérant les deux autres ingrédients du prix du porc, à savoir une concurrence mondiale exacerbée et des exportations aléatoires, « nous ne sommes pas aussi optimistes pour 2018 que pour 2016 ou 2017 », conclut Michel Rieu.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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