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Porc bio : une filière à construire

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Face à la croissance de la consommation, cette production doit trouver le juste équilibre entre offre et demande.

Le porc n’échappe pas à la tendance générale d’augmentation de la consommation de produits bio, en hausse de 20 % en 2016, toutes filières confondues, selon l’Agence bio. Sur les 7 milliards d’euros consacrés à l’alimentation, le chiffre d’affaires du rayon boucherie-charcuterie s’élevait à 182 millions d’euros, soit 2,6 % du total. Deux tiers des produits porcins bio sont vendus sous forme de charcuterie, dont l’essentiel est commercialisé en grandes surfaces et magasins spécialisés bio. En 2017, la consommation en jambon et en épaule a encore augmenté de 16 % par rapport à 2016, et la demande pour les aides culinaires, de type lardons, de 40 %.

Or, la production hexagonale peine à assurer l’approvisionnement, qui est comblé par les importations : la moitié du porc bio consommé en France est importée. Il s’agit essentiellement d’échanges intracommunautaires, en provenance d’Allemagne, du Danemark et d’Espagne.

Pourtant, le cheptel bio français a progressé, passant de 4 000 à 9 100 truies entre 2005 et 2016. Les abattages de coches et de porcs charcutiers ont atteint 10 380 tonnes, une progression de 3 % par an (+ 2 600 porcs) depuis 2013. Et cette tendance devrait s’accélérer.

« Coop de France prévoit des sorties de porcs charcutiers à + 30 % pour 2018 et + 27 % pour 2019, soit plus de 170 000 porcs bio abattus », explique Jean-François Deglorie, animateur de la commission bio d’Interbev (1). Les estimations de mises en place de truies sont également élevées : + 60 % en 2018 et + 20 % en 2019, contre + 4 % en 2016. Des progressions à deux chiffres, qui sont toutefois à relativiser : le bio pèse moins de 1 % de la production, avec 388 élevages en 2016.

Valoriser toutes les pièces

Qu’il s’agisse des groupements historiques ou de nouveaux venus (lire l’encadré), les acteurs s’accordent sur un point : le développement de la filière doit se faire dans le respect d’un équilibre entre l’offre et la demande.  « Il est important de veiller à l’équilibre matière et de pouvoir valoriser toutes les pièces, et ce d’autant plus que le différentiel entre le prix du porc bio et le conventionnel est très élevé », insiste Jean-François Deglorie. Une « petite filière » donc, qui reste fragile et dont l’équilibre peut être menacé. « En 2012, la surproduction avait entraîné une baisse du prix payé aux producteurs et donné un coup d’arrêt au développement de la production », rappelle-t-il.

Isabelle Lejas

(1) Lors d’un colloque organisé par le réseau des agriculteurs bio de Bretagne (Gab-Frab), le 20 février à Ploufragan (Côtes-d’Armor).

En 2016, on comptabilisait 388 élevages bio en France. 60 % du cheptel se situe dans le grand Ouest (20 % en Pays de la Loire, 23 % en Poitou-Charentes et 17 % en Bretagne), dans des élevages de 50 à 70 truies en moyenne. © PH. ROY
Dans l’Ouest, de nouveaux acteurs aux côtés des groupements historiques

Dans l’ouest de la France, certains groupements existent depuis trente ans. Unebio (Orne), un groupement multi-espèce, comprend 30 élevages de porcs (50 d’ici à la fin 2018) et une prévision de 18 000 animaux abattus en 2018. Bretagne viandes bio (Morbihan), aussi multi-espèce, compte 30 éleveurs produisant 4 000 porcs par an. Bio direct (Mayenne) et ses 90 éleveurs en fournissent annuellement 37 000 (50 % du volume est transformé dans ses deux salaisons).

Récemment, de nouveaux acteurs sont apparus pour répondre à la demande. Depuis un an, la Cooperl développe un groupement pour satisfaire à la demande de son pôle salaisons (marques Brocéliande et Madrange), qui manque de produits et doit en importer. La coopérative, avec un objectif de 1 500 truies, vise l’équilibre matière. Enfin, l’Union française de l’agriculture biologique, filiale de la coopérative Le Gouessant, se lance aussi, avec trois producteurs et quatre installations en projet.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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