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Crise de la frite

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Touchée par la fermeture de la restauration hors foyer, la filière s’est mobilisée pour dégager le surplus.

«Sur dix frites produites, sept à huit sont habituellement destinées à la restauration hors foyer en France », rappelle Loïc Le Meur, de l’UNPT (1). La fermeture de ce débouché a touché le marché de la pomme de terre d’industrie et des frites surgelées notamment, ainsi que le marché du frais dans une moindre mesure. « Il y a aussi eu un impact positif sur la consommation des ménages, avec une hausse d’achat de l’ordre de 30 % en avril et mai, mais qui n’a pas compensé la perte du débouché restauration, indique Bertrand Ouillon, du GIPT (2). Les usines de frites ont vite été mises à l’arrêt, faute de marché. »

Conséquence : un stock de 450 000 t de pommes de terre qui ne seront pas transformées et qu’il a fallu retirer en urgence du marché, sous peine de le déséquilibrer. Plusieurs stratégies ont été déployées : des reports, c’est-à-dire ne pas planter de variétés hâtives (50 000 à 70 000 t concernées), l’alimentation animale (60 000 t), la transformation en flocons (35 000 t), la vente en GMS (10 000 à 15 000 t), la méthanisation ou l’export. « Il reste entre 100 000 et 150 000 t dans les stocks », poursuit Bertrand Ouillon. Une enveloppe de 10 M€, dont les modalités sont encore en discussion, a été accordée par le gouvernement. « Cette aide vise à accompagner les producteurs à dégager leurs volumes vers des débouchés non alimentaires », précise Loïc Le Meur.

Incertitudes à venir

« L’ensemble des stocks devrait être résorbé en août, mais les contrats de la nouvelle campagne, signés avant la crise, sont prévus pour alimenter des usines en situation normale », ajoute Bertrand Ouillon.

Les surfaces de pommes de terre de conservation marquent une hausse de 1,4 % par rapport à 2019. L’inquiétude demeure, notamment pour le secteur de l’industrie. « Si les rendements sont faibles, il ne devrait pas y avoir d’incidence. S’ils sont élevés, on risque d’aller vers des prix très bas », craint-il.

Justine Papin

(1) Union nationale des producteurs de pommes de terre. (2) Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre.

En GMS, le gros format prisé

Pendant la crise, le secteur du frais a vu une forte demande en produits conditionnés, notamment en lots de 10 kg. « Les gros formats ont porté la moitié de la croissance des ventes en GMS, indique Ali Karacoban, du CNIPT (1). Outre les opérations menées par les enseignes, il y a aussi eu une crainte à toucher le produit, alors que le conditionné rassure. »

(1) Comité national interprofessionnel de la pomme de terre.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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