François Luguenot, responsable de l’analyse des marchés chez InVivo Trading

« Depuis un an, l’Égypte souffle un vent de panique sur les échanges de blé. Le gouvernement a imposé, en janvier 2016, une absence totale d’ergot dans tous les blés importés. Pour les opérateurs, il s’agit d’une mission impossible puisque le risque zéro n’existe pas. Certains bateaux ont été refusés puis, au printemps dernier, plusieurs appels d’offres de l’Égypte n’ont pas trouvé preneurs. Retour en arrière des autorités égyptiennes qui réappliquent la norme mondiale de 0,05 % d’ergot. Au début de l’été, nouveau coup de théâtre. Des bateaux sont bloqués à leur arrivée en Égypte, dont un russe. Le scénario de janvier s’est répété avec deux appels d’offres égyptiens sans réponse. Le pays étant dépendant de ces importations de blé (11 Mt par an), le gouvernement est repassé au taux habituel.

Cette lutte d’influence entre ministère de l’Agriculture et celui de l’Approvisionnement est dangereuse. La situation est tendue du fait de l’importance du pain dans l’alimentation des Egyptiens, d’autant plus que leur récolte de blé serait revue à la baisse de 2 Mt. Dans ce contexte, un bras de fer se crée entre la Russie et l’Égypte puisque, après le refus de son bateau cet été, la Russie a promis un embargo sur leurs fruits et légumes. »