Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du porc breton (Plérin)

« En ce début d’année, le marché du porc présente plusieurs éléments favorables. Début décembre, contre toute attente, les cours ont flambé dans le nord de l’Europe, suivis d’une rechute avant de repartir fort à la hausse, signe que l’offre est insuffisante. La consommation européenne stagne mais les marchés tiers sont prometteurs : ils ont pesé 18 % de la production européenne en 2016, contre 14 % en 2015. Le déséquilibre actuel offre/demande est intéressant, à condition que la Chine continue à acheter. Entre mars et juin 2016, des tonnages records y ont été expédiés, qu’on ne pourra sans doute pas réitérer cette année. Les stocks de viande porcine, qui dépassaient 80 000 t, sont allés en Chine en quasi-totalité. Cette année, il y a peu de stocks dans les entreprises. Or, la production européenne va légèrement baisser en 2017, d’environ 1 à 2 %. Le cheptel recule de façon structurelle dans le nord de l’Europe, à peine compensé par la hausse en Espagne. En décembre, le prix du porcelet n’avait jamais atteint de tels niveaux. Il est rare, donc cher. Nous entamons un semestre avec moins de cochons. Seul point difficile à évaluer : le rôle de l’Amérique du Nord sur les débouchés pays tiers, compte tenu de cours inférieurs de 15 centimes aux nôtres… »