Henri Gouzenne Président des négociants en bestiaux des Hautes-Pyrénées

« Pour exporter un bovin vers l’Espagne, il faut justifier d’un résultat négatif au dépistage PCR. Les animaux vaccinés contre la FCO (ou, pour les animaux de moins de 70 jours, issus de mères et de troupeaux vaccinés) bénéficient cependant d’une dérogation. Pour la pérennité du débouché espagnol, il est impératif que les éleveurs fassent le choix de la vaccination. En effet, le vaccin est gratuit (seuls les frais vétérinaires restent à la charge des éleveurs), alors que la PCR revient en moyenne à 20 €/veau. Jusqu’en juin 2016, le test était pris en charge par l’État. Depuis, ce sont les exportateurs qui le supportent. Pour un veau qui se négocie 120 € en Espagne, le surcoût engendré se traduit par une perte de compétitivité. À ce rythme, l’Allemagne, la Pologne et l’Irlande, qui sont indemnes de FCO, vont très rapidement nous prendre le marché. Ce serait une catastrophe, car le débouché espagnol est une variable d’équilibre majeure pour la filière bovine. Chaque année, il absorbe près de 300 000 broutards et petits veaux français. Les autorités espagnoles comptent fortement sur la vaccination française, en vertu du principe de réciprocité des conditions imposées aux éleveurs espagnols. »