Pascal Le Duot directeur du Marché du porc breton

« Cette maladie ne s’arrête pas aux frontières. Elle est déjà en Ukraine, en Russie, en Biélorussie, dans les pays baltes. La Pologne recense plusieurs cas, et la peste porcine africaine est arrivée en République tchèque, sans doute via de la viande contaminée. Si l’Allemagne était touchée, ce serait une catastrophe pour elle, mais aussi pour les autres pays européens.

En effet, elle exporte 800 000 t de viande porcine par an vers les pays tiers. Si un sanglier mort de la peste porcine africaine y était découvert, l’Allemagne ne pourrait plus exporter vers les pays tiers, et ainsi les volumes se retrouveraient sur le marché européen.

Cette crainte est de plus en plus tangible outre-Rhin. Il y a deux semaines, les abatteurs allemands ont donc fait baisser le cours de 7 centimes/kg. Cette période de l’année est toujours compliquée pour eux, avec une offre supérieure à la demande. Ils congèlent donc les surplus, pour les exporter à partir d’avril. Or cette année, ils n’ont pas voulu prendre le risque de congeler de la viande, qui ne serait plus exportable en cas de PPA. Ils ont donc pesé sur les cours pour en écouler davantage à l’export dès maintenant. Avec un impact inévitable sur les pays voisins : la France, les Pays-Bas, la Belgique… »