Pascale Magdelaine, directrice du service économie de l’Itavi

« Les difficultés actuelles de Doux et de Tilly Sabco (lire page 19) ne sont que la conclusion de l’histoire, depuis le premier dépôt de bilan de Doux en 2012 et la fin des restitutions aux exportations en 2013. Sans ces restitutions, la filière grand export française ne peut pas être compétitive sur le marché des petits poulets de 1 kg, destinés aux pays du Golfe. Le différentiel de compétitivité face au Brésil et à l’Ukraine est tel que le combat est perdu d’avance. L’institut Wageningen Economic Research a chiffré les coûts de production en 2015 : 152 €/100 kg carcasse sortie usine d’abattage (123 € à la ferme et 28 € de coût d’abattage) dans l’UE, contre 106 € au Brésil (89 € à la ferme et 17 € d’abattage) et 112 € en Ukraine (94 € à la ferme et 18 € d’abattage). À l’export, les volaillers français peuvent être compétitifs sur les découpes bas de gamme, ou le très haut de gamme. Mais pour le poulet export entier, on ne peut pas agir sur l’équilibre carcasse, et seul le prix de revient joue. LDC ne compte d’ailleurs pas poursuivre dans cette voie : il veut produire du poulet lourd pour la restauration et la transformation françaises, et concurrencer les importations provenant de Pologne et du Benelux, avec lesquels le différentiel de prix est de respectivement 10 et 5 %. »