Anne-Laure Paumier, directrice adjointe de Coop de France-Métiers du grain

Les opérateurs de Bourgogne, du centre et du nord de la France qui utilisent encore beaucoup le train sont les plus impactés par la grève SNCF. Cette perturbation étant annoncée, ils ont pu anticiper et remplacer le fret ferroviaire des céréales par du transport routier ou fluvial, pourtant déjà sous tension avec les inondations. Mais difficile pour les routes et les fleuves d’absorber toutes les quantités qui circulent d’habitude par voie ferrée. Un train charge 1 300 t de blé, comptez le nombre de camions de 44 t nécessaires pour en transporter autant !

Avec ce report, la hausse du coût de transport est estimée entre 2 et 4 €/t pour le flux courant. Ça peut grimper beaucoup plus haut pour des marchés plus confidentiels. C’est une perte directe pour les collecteurs et les industriels sur les contrats déjà signés. Et cette hausse bloque aussi la signature de nouveaux contrats. Certains opérateurs du nord de l’Europe préfèrent acheter du blé par transport fluvial, en Allemagne ou Hongrie plutôt qu’en France par le train.

Quant au débouché du grand export, alors que les acheteurs reviennent au marché, on ne pourra peut-être pas honorer leurs demandes. Ce qui accentuera le retard des exportations déjà accumulé depuis le début de la campagne. On espère vraiment que la grève ne durera pas trois mois !