Boris Duflot directeur du pôle économie de l’Institut du porc

« Le prix du porc en France est encore stable, mais il s’est déjà relevé en Allemagne et en Espagne. Cette hausse est due à une demande saisonnière en pièces à griller, liée au beau temps. On retrouve cet effet tous les ans, de mai-juin à juillet-août avant un repli à l’automne. Mais ce n’est pas lui qui donne le ton du marché… Dans ses prévisions pour 2018, l’Ifip table sur une production européenne en hausse de 2 %, sans développement des débouchés vers les pays tiers. Nous nous attendons donc à une baisse du prix moyen de 11 % (d’autres pays européens tablent sur  9 %) et un prix payé éleveur de 1,38 €.

Alors que la concurrence des États-Unis s’accentue, le débouché international sera équivalent à 2017. En particulier, les achats de la Chine devraient être stables en volume, pour un prix intérieur qui s’est effondré. Sur les trois premiers mois de 2018, les exportations de l’UE (toutes destinations) sont à  1,6 % en volume et  8 % en valeur. Dans ce contexte, la France (+ 9 % en volume toutes destinations, stable en valeur) ne s’en sort pas si mal grâce à des débouchés intra-européens. Mais l’Allemagne et l’Espagne, qui exportent quatre fois plus vers les pays tiers, se reportent aussi vers le marché communautaire… »