Vincent Chatellier économiste, ingénieur de recherche à l’Inra

« L’Europe va bientôt devenir le premier exportateur mondial de lait et elle le restera pendant vingt ans au moins. Elle exporte déjà l’équivalent de 18 milliards de litres de lait vers les pays tiers, talonnant le leader mondial actuel, la Nouvelle-Zélande, qui en exporte environ 20 milliards.

Or, cette dernière arrive au bout d’un système de production, avec une explosion des coûts. Le prix du foncier, notamment, a été multiplié par dix depuis quinze ans. Le pays ne va pas tarder à « caler » en volumes. Les États-Unis ont aussi le savoir-faire pour prendre le relais de la croissance mondiale. Cependant, ils sont confrontés à une difficulté d’accès à la ressource en eau dans leurs régions de production spécialisées.

Ce sera donc surtout l’Europe qui sera en mesure de développer la production, et au sein de l’Europe, la France et la Pologne ont les plus gros potentiels de croissance. Les développements auront lieu principalement dans les régions déjà spécialisées, en particulier l’Ouest de la France qui compte le plus d’avantages comparatifs par rapport aux autres régions du monde. L’appareil industriel français sera également mobilisé. Il a le savoir-faire pour s’adapter aux marchés d’exportation. »