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Marché tendu pour l’orge fourragère

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La tension qui existe sur le marché de l’orge fourragère pourrait profiter à l’export français.

Ces dernières semaines, le prix de l’orge dépasse le prix du blé de quelques euros par tonne. Bien qu’ayant déjà été observée au printemps 2018, cette situation est assez rare. Elle témoigne de la tension qui existe sur les fondamentaux du marché de l’orge fourragère. D’après FranceAgriMer, la production mondiale, affectée par les conditions climatiques, est au plus bas depuis six ans (145,5 Mt en 2017-2018, 140 Mt pour 2018-2019). La récolte des principaux exportateurs a notamment été plus faible que d’habitude, ce qui pèse mécaniquement sur les cours mondiaux. « Et dans le même temps, la demande reste soutenue. La Chine, deuxième importateur mondial, a été, notamment, très active ces dernières semaines », explique Alexandre Boy, analyste pour le cabinet Agritel.

En France, cette situation incite les fabricants d’aliments à minimiser leurs achats de la céréale au profit du blé et du maïs, plus compétitifs.

« Mais ce débouché ne descendra pas, a priori, en dessous du seuil d’environ un million de tonnes », assure Alexandre Boy. En effet, l’incorporation d’orge peut être nécessaire pour garantir à certains aliments des spécificités techniques, comme la teneur en fibre, par exemple. L’utilisation en alimentation animale devrait donc rester assez stable dans l’Hexagone.

FranceAgriMer prévoit, en revanche, une augmentation des volumes exportés vers les pays tiers. Dans ses estimations du mois d’octobre, l’organisme les a évalués à 3,1 millions de tonnes pour la campagne 2018-2019, soit une hausse de 600 000 tonnes par rapport à 2017-2018. Pour Alexandre Boy, cette augmentation est en partie due à un résultat mitigé en 2017-2018. « L’année dernière, les flux ont été limités par des problèmes logistiques liés aux grèves SNCF et à des soucis fluviaux sur la Seine », explique-t-il. L’analyste estime cependant que les exportations françaises vont bénéficier du contexte mondial tendu. Aidées par une parité euro-dollar basse, elles gagnent en compétitivité. « En juillet-août, la France a principalement exporté vers l’Arabie Saoudite et la Chine. Les potentiels d’export sont désormais plutôt situés en Afrique de Nord », détaille-t-il.

L’hémisphère Sud à surveiller

Comme pour le blé, les analystes surveillent l’arrivée de la récolte argentine et australienne pour la suite de la campagne, dès le début de l’année 2019. L’impact qu’elles auront sur les marchés est encore incertain. « Par exemple, on ne sait pas si, comme l’année dernière, l’Australie va exporter exclusivement vers la Chine », ajoute Alexandre Boy.

Hélène Parisot
L’Arabie Saoudite, très présente sur le marché

L’orge est massivement importée par l’Arabie Saoudite à destination de l’alimentation des chameaux et des moutons. Le 1er novembre, le pays a lancé un appel d’offres pour 1,02 million de tonnes, un volume conséquent par rapport à l’ensemble des échanges mondiaux, situés aux alentours de 30 millions de tonnes. Par ailleurs, l’Arabie Saoudite a récemment réautorisé son secteur privé à importer sous les mêmes conditions que le secteur public, après deux années de suspension.

« On ne sait pas si, actuellement, cette autorisation fonctionne. Il est difficile d’estimer l’effet que cela aura pour l’export français », analyse Alexandre Boy, d’Agritel.

La Chine et l’Arabie Saoudite sont les deux principaux marchés à l’exportation pour l’orge française.

Après l’Arabie Saoudite et la Chine, l’Afrique du Nord constitue le prochain débouché pourles exportations françaises.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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