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Maïs Reflux pour les imports en 2019-2020

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En Europe, les importations de maïs vont reculer sur la prochaine campagne pour passer sous la barre des 20 millions de tonnes.

La France a importé plus de 120 000 tonnes de maïs ukrainien entre novembre 2018 et mars 2019, soit plus que le record de 2012-2013 (100 000 tonnes). L’Europe est en passe d’atteindre 25 millions de tonnes d’imports sur la campagne 2018-2019, un volume égal à 40 % de la production européenne. L’Union est ainsi, cette année, le premier importateur mondial de maïs, devant le Mexique, le Japon et la Corée.

Deux explications : d’une part, l’effondrement de la récolte de blé européenne en 2018, dans le nord en particulier, a poussé les fabricants d’aliments ainsi que les éleveurs à rechercher des matières premières alternatives. D’autre part, l’importance des stocks mondiaux de maïs, consécutifs à de bonnes récoltes aux Amériques et en Ukraine, a fait plonger les prix. Les maïs importés (d’Ukraine surtout) se sont ainsi retrouvés beaucoup moins chers que ceux européens et très attractifs face aux blés et orges intérieurs.

Moins utilisé pour l’alimentation animale

Mais un net revirement de contexte est prévu pour la campagne à venir : tout d’abord, la récolte de céréales à paille a fortement rebondi en France et dans l’UE, de plus de 10 % (+ 21 millions de tonnes de blé et d’orge). Avec une production mondiale en forte hausse également pour ces deux cultures (malgré des déboires de fin de cycle en mer Noire), les prix du blé ont nettement chuté depuis le printemps. En France, la céréale à paille vaut maintenant moins cher que le maïs sur l’échéance octobre-décembre (- 8 €/t, par exemple, rendu centre Bretagne), alors qu’elle en valait 20 €/t de plus pour cette même période en 2018. Aux Pays-Bas, le blé et le maïs sont à parité sur octobre-décembre, tandis que le premier valait 40 €/t de plus que le second l’an dernier. Aussi, la consommation de blé est-elle attendue en forte progression par le secteur animal européen au détriment du maïs, réduisant nettement le besoin d’importations.

En outre, les maïs des pays tiers sont nettement moins attractifs qu’en 2018 par rapport à ceux de l’UE, si bien qu’une plus large part des besoins européens va être servie par des origines locales (Bulgarie, Roumanie, France, Hongrie), les importations repassant ainsi nettement sous la barre des 20 millions de tonnes.

Ce reflux prévu ne devrait toutefois pas susciter une forte hausse des prix du maïs dans l’UE. Car toute progression attirerait beaucoup plus de marchandise en provenance d’un marché mondial qui reste bien lourd, malgré les graves problèmes climatiques subis par les producteurs américains au moment des semis.

Andrée Defois — Tallage/.Stratégie Grains

Une plus large part des besoins européens en maïs va être servie par des origines locales (Bulgarie, Roumanie, France et Hongrie). © C. Watier
Fortes disponibilités de la céréale sur le marché mondial

Dans un contexte européen moins favorable aux maïs importés que l’an dernier, il conviendra de garder un œil rivé sur les valeurs mondiales.

Les maïs US, sud-américains et ukrainiens viennent de perdre entre 15 et 20 $/t en deux semaines parce que l’USDA (ministère de l’Agriculture aux États-Unis) a récemment estimé la production de la céréale dans ce pays à un niveau supérieur aux attentes des opérateurs. Cela a fini par convaincre le marché que les stocks mondiaux de maïs resteraient importants malgré les déboires climatiques américains. Si les prix mondiaux poursuivaient leur plongeon, les importations dans l’UE pourraient alors dépasser ce qui est prévu aujourd’hui.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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