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Pourquoi il inquiète

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La safrinha, deuxième récolte du Brésil, est soumise à d’importants risques climatiques.

Les cours du maïs sur la nouvelle récolte explosent. « La situation préoccupante au Brésil, dans un marché mondial déjà tendu, est l’élément clé de cette hausse », analyse Sébastien Poncelet, directeur de Captain Farmer. Troisième producteur derrière les États-Unis et la Chine, deuxième exportateur après les Etats-Unis, le Brésil est un acteur majeur du marché du maïs. La culture y occupe une place particulière, dans l’ombre du soja.

Retard des semis

« 70 % de la production de maïs est cultivée en deuxième récolte, derrière du soja : c’est la safrinha, littéralement “petite récolte” en portugais », explique Sébastien Poncelet. Le climat tropical sur une partie du pays permet en effet la « safra », récolte traditionnelle en été, et la « safrinha » en hiver. Cette dernière, concentrée sur deux régions, le Mato Grosso et le Paraná, est à risque en raison de la saison sèche qui débute en mai. « C’est une course contre la montre. Le maïs ne doit donc pas arriver trop vite dans la saison sèche, d’où la précipitation à semer le plus tôt possible dès le soja récolté, explique l’expert. Or, cette année, les sojas ont été semés tard à cause du sec, et récoltés tard à cause de l’humidité. » Les semis du maïs ont ainsi accumulé deux à quatre semaines de retard selon les régions. « En théorie, les agriculteurs brésiliens ne se risquent plus à semer après le 1er mars. Mais le marché intérieur du maïs est très porteur, notamment avec la dévaluation du réal. »

Un quart du maïs en safrinha aura ainsi été semé en dehors de la fenêtre idéale. Sa surface en forte hausse, à 14,84 Mha, ne compensera pas les pertes liées au climat. Les dernières pluies se font en effet attendre. « La saison sèche semble anticipée, constate Sébastien Poncelet. La situation pourrait se calmer s’il pleut d’ici le 15 mai, mais ce n’est pas la tendance des prévisions météo à ce jour. » Alors que le ministère brésilien de l’Agriculture tablait sur une production totale (safra et safrinha) de 109 Mt de maïs, elle pourrait descendre à 90 Mt en l’absence de pluie.

Justine Papin

L’Europe, première impactée

40 % du maïs au Brésil est jugé bon au nord du Mato Grosso et le reste craint une forte dégradation. « Deux tiers du maïs importé en Europe entre août et octobre viennent du Brésil, indique Sébastien Poncelet.

Toute potentielle baisse de production brésilienne impactera en premier l’Europe. » Le marché anticipe ainsi un remplacement du maïs par le blé. « Le problème va donc au-delà du maïs », conclut-il.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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