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L’UE reste la clef pour les ovins néo-zélandais

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Si la Chine a pris une part importante dans les exportations néo-zélandaises, l’Europe reste plus rémunératrice.

En 2016, la Chine absorbait 33 % des exportations de viande ovine néo-zélandaise, contre 6 % en 2006. Sur la même période, la part de l’Union européenne est passée de 53 à 37 %. « La Nouvelle-Zélande cherche à ouvrir son accès à un maximum de marchés, pour sécuriser ses envois et valoriser chaque type de morceau », explique l’Institut de l’élevage (1). Dans sa quête de valeur ajoutée, le pays a fait évoluer la forme de ses envois en privilégiant la découpe (95 % des exportations en 2016) et en développant la technologie du « chilled », qui permet d’atteindre une durée de stockage de la viande de 12 à 16 semaines, sans congélation. La valeur unitaire des envois a ainsi été multipliée par 3,3 depuis 1988, permettant à la Nouvelle-Zélande de devenir le premier exportateur mondial de viande ovine, en valeur.

C’est bien cette recherche de valorisation optimale qui explique l’importance de l’UE pour le pays de la fougère argentée. Avec une valeur unitaire d’environ 5,3 €/kg équivalent carcasse, la rémunération des envois vers l’Europe est plus de deux fois supérieure à celle des envois vers la Chine. Le marché européen privilégie effectivement les achats d’agneaux en « chilled » (il absorbe 70 % des exportations néo-zélandaises de ce format), alors que le marché chinois importe essentiellement des morceaux de faible valeur (poitrine), congelés, dont 30 % sont issus d’ovins adultes. À cette différence de valorisation s’ajoute que « l’UE demeure un marché « plus sûr », moins susceptible de se fermer brutalement après une décision politique que le marché chinois.

Négociations

La Nouvelle-Zélande bénéficie de 80 % du contingent total d’importations de viande ovine de l’UE, soit 228 254 téc. Le Royaume-Uni absorbe 48 % de ces envois, suivi par l’Allemagne (15 %), les Pays-Bas (13 %) et la France (9 %). « Dans le cadre du Brexit, l’idée d’un découpage du contingent entre le Royaume-Uni et l’UE à 27 est sur la table des négociations, explique Marie Carlier, de l’Idele. L’ouverture des négociations autour de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Nouvelle-Zélande pourrait aussi faire bouger les lignes. En 2016, le contingent n’était rempli qu’à 76 %, la Nouvelle-Zélande privilégiant les débouchés asiatiques. Mais en cas de fermeture brutale de marché ou d’incident climatique, un pic d’envois opportunistes sur le marché européen reste possible. »

Valérie Scarlakens

(1) « La filière ovine néo-zélandaise a encore de la ressource ! »

En 2016, la production de viande ovine néo-zélandaise était inférieure de 31 % à son niveau de 1984. Elle pourrait se stabiliser dans les prochaines années, autour de 360 000 tonnes équivalent carcasse. © Valérie Scarlakens
Des coûts et des prix à la production relativement faibles

Le prix à la production néo-zélandaise est une fois et demie à deux fois inférieur au cours français. En 2016, il varie entre 3 et 4 €/kg de carcasse, contre 6,2 €/kg en France. Une différence qui s’explique par des coûts de production (rémunération incluse) trois à quatre fois inférieurs. En 2015, ces charges sont estimées à 3,6 €/kg pour les élevages néo-zélandais, contre 11,9 à 14,4 €/kg pour les français. Un écart qui illustre « les effets conjoints du contexte pédoclimatique (très favorable en Nouvelle-Zélande), de systèmes très orientés vers le pâturage, de la taille relativement importante des structures (économies d’échelle et plus grande productivité du travail) et de la philosophie des éleveurs anglo-saxons, très orientée vers la maîtrise des coûts », détaille l’Idele. Les résultats avant impôts des exploitations sont fluctuants, fonction du contexte néo-zélandais (météo) et mondial (85 % de la production est exportée). Ils s’établissent en moyenne à 39 000 €/unité de main-d’œuvre familiale mais connaissent des années extrêmes (3 000 € en 2007-2008, contre 57 000 € en 2011-2012).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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