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Les viandes bio toujours plus plébiscitées

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Près de 60 % des consommateurs sont prêts à payer plus cher pour que leur viande soit bio. 70 % considèrent aussi que le bio assure une meilleure rémunération aux éleveurs. ©

Cette année, 70 % des Français consomment de la viande bio, contre 59 % en 2015.

Tandis que la consommation de viande se replie, la filière bio séduit toujours plus de consommateurs.

Selon un sondage Ifop commandé par l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev), les achats de viande bovine, porcine et ovine bio ont bondi de 11 points entre 2015 et 2016. « La filière a le vent en poupe », s’est réjoui Philippe Cabarat, le président de la commission bio d’Interbev, en livrant les résultats du sondage lors d’une conférence de presse, en avril, à Paris. Et l’évolution ne devrait pas s’arrêter là, puisque 30 % des Français souhaitent augmenter leur consommation de viande bio au cours des prochains mois. En 2016, ils sont 70 % à en consommer, contre 59 % l’année dernière.

La clé du succès ? L’image positive que l’agriculture biologique renvoie à la société. Et surtout, la recherche du bien-être animal. À en croire les chiffres du sondage, 78 % des consommateurs estiment que le bio en est une garantie, devant les bénéfices pour l’environnement (75 % des sondés), et la santé (68 %). « Il y a une évolution des mentalités, et l’élevage bio correspond aux attentes sociétales », explique Philippe Cabarat. Un moyen de tordre le cou à la tendance vegan. « Nous constatons que nos clients sont de moins en moins catégorisés ou sectaires envers la viande, dit Franck Bardet, directeur des filières animales chez Biocoop. Beaucoup cherchent une alimentation diversifiée, incluant la viande, mais de bonne qualité. Ils s’orientent vers plus de ‘flexitarisme’  : ni végétarien, ni carnivore. »

Un prix justifié

Le prix, principal frein à l’achat de viandes bio, effraie de moins en moins. Six Français sur dix se disent prêts à payer leur viande plus cher, même si 41 % déclarent ne pas avoir les moyens d’en consommer. « Ce dernier chiffre recule, précise Denis Lerouge, directeur de la communication et des études chez Interbev. Il était de 50 % en 2015. Près de 58 % des sondés jugent que le prix plus élevé de la viande bio se justifie. » Pour 70 % des acheteurs, le bio assure aussi une meilleure rémunération aux éleveurs.

D’après Franck Bardet, le différentiel de prix de vente avec le conventionnel est d’environ 15 % et il se réduit. « Il était de 30 % il y a encore quelques années, rappelle-t-il. C’est grâce au travail des éleveurs, des filières et des circuits commerciaux que ce recul est possible. »

Hélène Chaligne
Des conversions nombreuses en 2015

En 2015, le chiffre d’affaires de la filière viande bio atteint 409 millions d’euros. La moitié dépend du bœuf. De la production à la distribution, chaque maillon tend à se développer. Selon l’Agence bio, en 2015, les fermes en agriculture biologique, toutes productions confondues, étaient au nombre de 28 621. C’est 8 % de plus qu’en 2014. Une expansion soutenue par le bond de la consommation, mais aussi par la politique européenne. « L’agriculture est tributaire des aides, précise Jean-François Deglorie, de la commission bio à Interbev. S’il y a eu tant de conversions en 2015, c’est parce que la Pac s’est verdie. » L’autre motivation qui transparaît, c’est le moyen de retrouver des tarifs cohérents, dans un contexte de marché morose. « Nous ne connaissons pas la crise, car nous avons une stabilité des prix et une bonne organisation de notre filière, assure Jean-François Vincent, éleveur de moutons et de porcs dans le centre du pays. Philippe Cabarat, éleveur dans la Nièvre, partage cette analyse. Mais s’il assure que les producteurs bio sont heureux, il admet que la filière doit travailler à l’équilibre entre l’offre et la demande. Car la production ne suffit pas encore à couvrir les besoins, en particulier en filière porcine.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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