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Les prix des jeunes bovins décollent

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La baisse de production des taurillons associée à un marché de la viande fluide entraîne une envolée des cours.

La cotation du jeune bovin (JB) U a clôturé la semaine 46 à 4,17 €/kilo de carcasse (kg cc). Un niveau jamais atteint ces cinq dernières années. En 2017, les prix des taurillons lait et viande sont nettement supérieurs à ceux de 2016, particulièrement impactés par l’afflux de vaches laitières sur le marché. La traditionnelle baisse des tarifs au printemps et à l’été est d’ailleurs inexistante cette année pour les JB viande. « C’est la réduction des abattages de JB et de vaches laitières qui, en fluidifiant le marché, explique la remontée des cours », expose Margaux Daniel, de l’Institut de l’élevage (Idele). Sur les dix premiers mois de 2017, les abattages de JB viande et lait ont diminué respectivement de 1,8 et 3 % par rapport à 2016. Or la production 2016 était déjà très inférieure à la production moyenne de 2010-2015. Qui plus est, les poids carcasses sont en retrait (-2 % en octobre 2017 par rapport à octobre 2016) « Depuis quelques années, l’engraissement connaît des difficultés en France, explique Philippe Chotteau, de l’Idele. On assiste à une érosion de la production de JB viande et à une baisse structurelle de la production de JB lait. »

Approximativement 50 % des taurillons produits en France sont destinés à l’export. Le marché français est donc très dépendant de la demande des pays importateurs, mais aussi de l’offre des pays exportateurs. Les exportations françaises de viande bovine (à environ 80 % du taurillon) sont à peine stables sur les huit premiers mois de l’année (-1 % par rapport à 2016). « La demande est timorée sur nos marchés traditionnels, constate Margaux Daniel. L’Italie a réduit ses importations de viande bovine réfrigérée française de 5 %, à 48 800 tec, la Grèce de 4 % à 28 300 tec, et l’Allemagne de 4 % à 27 400 tec. » À l’inverse, les JB polonais conquièrent les marchés italien (+ 9 % sur les 7 premiers mois de 2017) et allemand (+5 %).

Marché fluide en 2018

« Si le marché français de la viande transformée est un débouché qui se consolide pour les JB, il est important d’ouvrir des marchés à l’export pour compenser la baisse d’achat de nos trois partenaires majeurs, signale Margaux Daniel. Les commandes turques (via un opérateur belgo-turc) et algériennes ont un peu tiré le marché cette année, mais comme pour tous les pays du pourtour sud méditerranéen, la demande est très fluctuante. »

« Le marché devrait néanmoins rester fluide en 2018, avec une diminution des abattages liée à une baisse d’effectifs dans les ateliers, estime Margaux Daniel. Le dynamisme du marché du broutard n’incitera pas à l’engraissement. »

Valérie Scarlakens
La part de jeunes bovins exportés vifs est faible, aux alentours de 3 % de la production en 2016. © C. THIRIET
Le marché européen à l’équilibre

« Les prix des jeunes bovins européens se maintiennent à de hauts niveaux grâce à une demande allemande dynamique, à une offre européenne globalement modérée et à un marché italien moins morose », explique Margaux Daniel. Les cotations italiennes sont tirées vers le haut par la concordance d’une offre et d’une demande mesurées. À la Bourse de Modène, le JB charolais de 700-750 kg atteignait les 2,65 €/kg vif début novembre (+ 10 % par rapport à 2016). La cotation du JB limousin de 600-650 kg gagnait 6 %. « Les sorties allemandes ont été abondantes en septembre et octobre. Cette offre a été absorbée sans difficulté en raison d’une demande dynamique. » Fin octobre, le JB U cotait à 4,04 €/kg cc (+ 8 % comparé à 2016). Le JB 0 gagnait 10 % par rapport à octobre 2016, à 3,63 €/kg cc. « La viande polonaise, dont les volumes sont pourtant toujours croissants, profite de la fermeté de la demande. » Le JB O polonais se négociait 3,36 €/kg cc fin octobre (+ 10 %).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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