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Les prix de l’orge au plus haut

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La chute de la récolte française et la demande chinoise risquent de ne pas suffire pour soutenir les prix de l’orge pendant toute la campagne.

Avec des stocks mondiaux au plus haut depuis 2010 – par rapport aux utilisations –, l’orge française a-t-elle une chance de maintenir son prix actuel ? Cela n’apparaît pas très probable. La France bénéficie actuellement d’une très forte demande chinoise, alors que la céréale hexagonale, après une chute de la récolte de 2 millions de tonnes (Mt), n’est pourtant pas bon marché. C’est la conséquence de la taxation à 80 % que Pékin impose aux orges australiennes. Dans l’Union européenne, seuls le Royaume-Uni, le Danemark et la France ont reçu l’autorisation d’exporter vers la Chine. Le Royaume-Uni est handicapé par son aptitude à charger de gros bateaux, le Danemark exporte de petits volumes d’orge brassicole et c’est donc la France qui répond, pour l’instant, à la plus large part des besoins d’importation fourragers et brassicoles du pays. Dès la taxation publiée au mois de mai, la Chine s’est empressée de réserver des orges françaises : nos exportations de juillet et août vers cette destination sont déjà supérieures à 1 Mt, sur un volume total prévu à 1,9 Mt pour l’ensemble de la campagne, contre 1,6 Mt l’an passé et 0,7 Mt seulement en 2918-2019.

Une forte concurrence en vue

Avec cette demande, et si la France parvient à garder ses parts de marché vers l’Afrique du Nord et le Proche-Orient (Arabie saoudite surtout), nos stocks en fin de campagne ne seraient pas trop élevés. Et c’est là que le bât blesse : les orges ukrainiennes arrivent désormais sur le marché et malgré une récolte plus basse qu’en 2019, elles valent environ 20 dollars/tonne de moins que les françaises. Elles devraient entrer en compétition avec les orges hexagonales, comme un peu plus tard avec celles en provenance du Canada, également autorisées par la Chine. Par ailleurs, les orges françaises sont devenues nettement plus onéreuses que ses concurrentes bulgares, allemandes et britanniques (de 15 €/t). Aux prix actuels, elles auront du mal à capter de gros volumes, notamment à destination de l’Arabie. Sans parler de la céréale australienne, dont la production va augmenter après la sécheresse de l’an dernier, et qui va tenter de trouver des débouchés pour remplacer la Chine.

Les orges françaises vont résister tant que la Chine reste présente sur le marché européen. Ensuite, l’ampleur des stocks mondiaux et la lourdeur du marché du maïs qui s’annonce avec une récolte américaine record, devraient venir peser sur les valeurs françaises.

Andrée Defois
Tallage/Stratégie Grains

Un bilan qui dépend des exportations hors Chine

Les surfaces d’orge de printemps ont augmenté en France cette année et largement compensé la décrue des surfaces d’hiver. Toutefois, en raison des déboires climatiques, les rendements ont chuté et la production française, à 11,6 Mt, a perdu 16 % par rapport à 2019. A l’inverse, les stocks de départ ont grimpé depuis l’an passé et la demande animale devrait régresser au profit du maïs, comme les flux d’export vers l’Espagne, dont les besoins d’importations s’effondrent à la suite d’une très bonne récolte. Malgré une perspective en rebond pour les utilisations brassicoles, si le coronavirus le permet, le bilan français a encore besoin d’au moins 3,5 Mt exportées vers pays tiers pour s’équilibrer. D’où la nécessité pour l’orge française de garder ses débouchés saoudiens et nord-africains.

Les orges françaises sont devenues nettement plus onéreuses que © J.-M. Nossant
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

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Cet article est paru dans La France Agricole

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