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Les prix de l’agneau ralentissent et les abattages stagnent

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Observatoire des marchés - Les prix de l’agneau ralentissent et les abattages stagnent
La pénurie de viande d’agneau est généralisée sur le marché mondial. © J.-M. Nossant

En léger retrait au début de janvier, les prix de l’agneau restent sur un niveau de crête.

Les cotations de l’agneau fléchissent en ce début d’année. À Châteaumeillant par exemple le 4 janvier, les cours des agneaux R de 38 à 44 kg ont perdu 22 centimes d’euros/kilo vif, pour s’établir à 3,8 €/kg vif. « Les volumes présentés étaient pourtant modestes, explique Jérôme Chartron, chef des ventes du marché. Nous comptions 200 agneaux, dont seulement 15 laitons, alors que la moyenne des apports sur le marché oscille entre 700 à 800 agneaux (avec un pic avant Pâques autour de 1 300 têtes). Les apports à cette période de l’année ne sont jamais très fournis et la qualité des lots est souvent un peu moins bonne. »

Les tarifs restent néanmoins sur un niveau élevé. « Ils ont atteint un nouveau record en décembre 2021 en dépassant le seuil de 8 €/kg de carcasse (1). Lors de la semaine 52, il s’affichait à 8,07 € », précise Cassandre Matras, de l’Institut de l’élevage. Dans le même temps, l’indice Ipampa ovin (prix des charges supportées par les exploitations) a fortement augmenté. En novembre 2021, il s’établissait à 119 points, soit 13,6 points supplémentaires par rapport à 2020. »

Une marge réduite

Le niveau des prix de la viande traduit une pénurie de l’offre généralisée. Les importations françaises restent très en retrait par rapport à d’habitude. Même si une légère hausse est constatée en novembre (+ 3 % par rapport à 2020), le niveau de l’import est très inférieur à celui de 2019.

En novembre, les abattages d’agneaux accusaient une légère baisse (- 1 %). « Si, sur les onze premiers mois de 2021, la France parvient à maintenir le niveau de ses abattages (+ 2 % par rapport à 2020), c’est en raison d’importations dynamiques d’agneaux vivants, notamment en provenance d’Espagne », souligne l’experte.

Pour les prochaines semaines, les sorties des lacaunes devraient augmenter. « Elles ont commencé plus tôt, car les laiteries demandent un étalement des livraisons de lait, note Cassandre Matras. Les apports pourraient aussi être moins étoffés en fin de saison en mars-avril. »

Il est difficile de savoir quel sera le niveau des apports d’agneaux allaitants d’ici à Pâques, même si les conditions fourragères étaient plutôt bonnes lors de la mise à la reproduction. Les consommateurs devraient être au rendez-vous comme à Noël. L’agneau est toutefois une viande avec laquelle les bouchers, qu’ils soient artisans ou en GMS, génèrent une marge réduite. « Ce qui les incite à réduire la surface destinée à la viande d’agneau à l’étal et ce qui limite aussi les achats instinctifs non prémédités », observe Rémy Falguières, animateur filières à Capel.

Marie-France Malterre

(1) Prix moyen pondéré des régions selon FranceAgriMer.

La France, un client privilégié du Royaume-Uni

Le Royaume-Uni, principal fournisseur de la France, a retrouvé le droit, qu’il avait perdu il y a vingt ans, d’exporter de l’agneau aux États-Unis. « Mais cela ne devrait pas impacter ses envois vers l’Hexagone, estime Cassandre Matras. Nous sommes un client historique que le Royaume-Uni devrait continuer à privilégier. » La France importe peu en provenance de l’Australie, premier producteur mondial de viande ovine qui est dans une phase de recapitalisation à la différence de la Nouvelle-Zélande. Les achats auprès de l’Australie ont toutefois augmenté l’année dernière pour atteindre 900 téc (600 tec en 2020).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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