« La France reste un grand bassin exportateur laitier, avec un solde commercial de 3,5 milliards d’euros en 2020. La dynamique est bonne sur le grand export, mais les envois perdent du terrain sur le marché intracommunautaire. Notre solde laitier avec l’Union européenne (UE) à 27 est passé de plus d’un milliard d’euros par an entre 2005 et 2012, à pratiquement zéro depuis 2017. Depuis 2015 et la fin des quotas laitiers, la collecte française a reculé de 3 % quand celle des 26 autres États membres a grimpé de 7 %. Ce repli s’est accompagné d’une montée en gamme - et des prix - des produits de grande consommation français, d’où une perte d’influence sur certains marchés. Plusieurs pays européens, comme l’Irlande et la Pologne, ont misé sur une stratégie “push”, consistant à produire sans limite mais sans garantie sur le prix. Cela est risqué, mais offre plus d’opportunités à l’export. En France, la demande guide l’offre. C’est la stratégie “pull”. Il est encore difficile de dire quelle direction ressortira gagnante. Selon des travaux de l’Institut de l’élevage, le revenu des éleveurs laitiers français est resté assez stable entre 2015 et 2017, alors qu’il progressait en Europe du Nord. Nous manquons de données comparatives plus récentes qui permettraient de jauger l’effet EGAlim. Les orientations prises par la France doivent se mesurer dans la durée. »