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Le rouleau compresseur russe écrase les prix du blé

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Les exportations devraient être records grâce à une offre pléthorique.

Vertigineux… Plus la récolte de blé avance en Russie et plus les rendements s’avèrent supérieurs aux attentes, prenant de court le marché. C’est à présent une production de 80 millions de tonnes (Mt) qui est dans le viseur, pulvérisant le record de 73 Mt établi l’an passé.

Il y a encore quelques semaines, les perspectives de baisse de stocks chez la plupart des grands pays exportateurs laissaient espérer un raffermissement des prix en 2017-2018. Cet espoir risque d’être broyé par le rouleau compresseur russe. Sous la pression des nouvelles estimations de récolte en Russie, la cotation rendu Rouen a ainsi cédé plus de 10 euros/tonne depuis la fin juillet, pour retomber à 150 €/t le 29 août. Impossible pour le blé français de ne pas coller à la roue de son concurrent russe, sous peine de voir ce dernier rafler la mise sur les débouchés vitaux pour le bilan tricolore.

Les chiffres ont de quoi donner le tournis : la Russie pourrait exporter plus de 40 Mt de blé, tout en conservant un stock confortable. Ce disponible théorique est irréaliste du fait des contraintes logistiques, mais les exportations pourraient dépasser 30 Mt, après le record de 27 Mt en 2016-2017. La compétitivité russe se reflète dans les premiers achats passés par le Gasc, l’opérateur étatique égyptien : sur les 2,6 Mt contractualisées jusqu’à fin septembre, 1,7 Mt a été remporté par la Russie. Depuis juillet, cette dernière a aussi commencé à expédier du blé tous azimuts : vers l’Afrique, l’Amérique centrale, ainsi que vers des destinations asiatiques plus inhabituelles. Le rythme est certes soutenu, mais encore insuffisant au regard des volumes qu’il faudra sortir du pays, et les rotations portuaires devront monter en puissance dans les semaines qui viennent. Jusqu’au risque de surchauffe ?

L’inconnue logistique

La performance logistique russe sera l’une des clés de la physionomie des échanges mondiaux de blé en 2017-2018, et tout grippage du rail ou des ports du pays amputera son potentiel. La qualité de la récolte sera aussi à surveiller de près, car les bons rendements semblent avoir pénalisé la protéine, hypothèse renforcée par la prime croissante affichée en Russie par le blé très protéiné (13,5 %) face aux qualités inférieures.

La campagne constituera donc un test des capacités de la filière export russe. Plus vite, plus loin et plus fort devrait rester le mot d’ordre cette année encore, mais jusqu’à quel point ? La réponse déterminera la place laissée aux concurrents, et notamment au blé français.

Gabriel OmnèsTallage/Stratégie Grains
Sur les 2,6 Mt contractualisées jusqu’à fin septembre par le Gasc (l’opérateur étatique égyptien), 1,7 Mt ont été remportées par la Russie. © ABACA/Tass
Le blé d’hiver américain redescend sur terre

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Cet article est paru dans La France Agricole

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