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Le porc polonais, entre forces et faiblesses

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Devenue un poids lourd de la production européenne, la filière porcine polonaise reste fragile.

Àl’instar de la filière volaille, dont la Pologne est devenue le premier producteur européen, la filière porcine polonaise est-elle une menace pour les autres producteurs européens ? « Il existe des facteurs de compétitivité mais d’autres freinent son développement », explique Lisa Le Clerc, de l’Institut du porc (Ifip).

En 2016, la production polonaise s’élevait à 1,8 million de tonnes équivalent carcasse (TEC), plaçant le pays au sixième rang européen. Elle est toutefois fluctuante. Près de 80,5 % des élevages polonais détiennent moins de 50 porcs, mais assurent 25 % de la production du pays. En période de crise, ces petits élevages stoppent leur production sans forcément la reprendre ensuite. À l’inverse, 7 % des élevages sont spécialisés dans la production porcine, mais représentent 55 % de la production du pays.

Le nombre de petits élevages diminue (de 750 000 en 2002 à 171 000 en 2016) et leur cheptel s’accroît (de 25 à 75 porcs par élevage en moyenne). « Ils subissent la concurrence des gros élevages plus compétitifs sur les coûts de production, analyse l’ingénieure. Leur accès au marché est limité car les abattoirs demandent de grands lots d’animaux. »

Porcelets importés

Le développement de la production se fait essentiellement dans les élevages de plus de 165 truies naisseur-engraisseur, qui obtiennent des coûts de production similaires à la France. Ils bénéficient cependant d’un coût de la main-d’œuvre trois à quatre fois inférieur, et de bâtiments moins chers. Les performances techniques sont très hétérogènes (15 à 30 porcelets sevrés par truie et par an en moyenne, et un indice de consommation de 3,5 points).

Néanmoins, le cheptel de truies décroît depuis des années. La stabilisation, voire l’augmentation des abattages, est permise par l’importation d’animaux, principalement en provenance du Danemark (porcelets) et d’Allemagne (porcs charcutiers). « La Pologne a fait le choix de développer l’engraissement », confirme Jean-Louis Buër, conseiller à l’ambassade de France en Pologne. Alors que la peste porcine africaine (PPA) sévit en Europe, ces transports d’animaux interpellent, d’autant que la gestion du virus en Pologne est un échec. Selon le conseiller : « Il va être très difficile de contenir le virus. »

« Dans ce contexte, on peut imaginer que la Pologne essaie de se rendre autonome en s’approvisionnant à partir de ses propres élevages, observe Boris Duflot, de l’Ifip. Ce sera un facteur clé de son développement dans les années à venir. »

Isabelle Lejas

Entre 2013 et 2016, la part du cheptel détenu par les grands élevages a progressé de 18 à 29 %. La taille des troupeaux a augmenté de 5 100 à plus de 8 600 porcs par élevage en moyenne. © S.Mielnik
Consommation : proche de l’autosuffisance

La restructuration de la production enclenchée permet à la Pologne de se rapprocher de l’autosuffisance en viande porcine, à hauteur de 97 % en 2017. Entre 2012 et 2018, le disponible à la consommation a progressé de 11,5 %. C’est un enjeu important pour le pays, du fait de la forte consommation de porc, de 41 kg par habitant et par an.

Les Polonais consomment une importante quantité de cette viande sous forme de charcuterie, et sont très attachés aux produits nationaux. Pour répondre à la demande, la Pologne a besoin d’importer des viandes. L’Allemagne, la Belgique et le Danemark se partagent le marché en fournissant des carcasses ou des pièces désossées.

La Pologne exporte également sur le marché allemand et celui des nouveaux États membres de l’Union européenne, qui constituent des partenaires privilégiés compte tenu de sa situation géographique. Au total, le solde des échanges polonais reste déficitaire de 218 000 tonnes pour une valeur de 441 millions d’euros en 2017.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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