« Les surfaces de betteraves sucrières bio 2020 en Europe sont en hausse de 51 % par rapport à 2019 et représentent près de 14 000 ha. Ce marché naissant reste néanmoins marginal (moins de 1 % des surfaces européennes) et son développement dans les années à venir dépendra de plusieurs facteurs.

Avec un intérêt grandissant de la part des acheteurs de sucre et des consommateurs pour le local, la question est de savoir dans quelle mesure le sucre de betterave produit domestiquement sera privilégié par rapport au sucre de canne importé, sachant que ce dernier bénéficie, de manière historique, d’une meilleure image de naturalité.

Autre facteur déterminant : la rentabilité de cette culture et son coût de production qui reste extrêmement variable et dépend principalement du poste de désherbage manuel (1 ha pouvant nécessiter de 30 à plus de 150 h de désherbage selon le salissement des parcelles). La multiplication des incidents climatiques (sécheresse, gel) et sanitaires (jaunisse, charançon…) au cours des dernières campagnes est aussi un point important : la culture de betteraves bio s’accompagne d’un risque “zéro récolte” qui génère une forte incertitude pour les agriculteurs, mais aussi pour l’aval de la filière sur ses engagements. Enfin, et d’un point de vue réglementaire, l’évolution vers une logique de conformité et non plus d’équivalence est de nature à faciliter l’harmonisation des règles de production entre produits importés et domestiques. »